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Jeannette Bougrab accuse !

 

« Il faut arrêter la langue de bois : tous ceux qui défendent la laïcité [le combat farouche de Charb] sont accusés d'islamophobie ou de racisme par des mouvements de gauche. »

 

Caroline Artus

Ancien chef d'entreprise

 

L’attentat terroriste islamique de Charlie Hebdo n’a donc pas été revendiqué par leurs auteurs pour venger leur prophète. Non, nous n’avons rien compris. « L’attentat contre Charlie Hebdo a la sale gueule de Renaud Camus, d’Éric Zemmour et de Marine Le Pen. » C’est ce que nous révèle l’avocat Nicolas Gardères dans une tribune dans Libération… Mais pas celle de Guy Bedos quand il éructait – de façon imagée, il va sans dire – « qu’ils crèvent » en parlant de Charlie, parce que se moquer de Mahomet, ce n’était pas bien ?

Une vision fort différente de celle affirmée par la compagne de Stéphane Charbonnier (« Charb », l’une des 12 personnes exécutées le 7 janvier), Jeannette Bougrab, à Ruth Elkrief, jeudi, sur BFMTV.

Jeannette Bougrab, ex-présidente de la Halde et secrétaire d’État à la Jeunesse et à la Vie associative sous la présidence de Nicolas Sarkozy, a martelé avec émotion : « Il faut arrêter la langue de bois : tous ceux qui défendent la laïcité [le combat farouche de Charb] sont accusés d’islamophobie ou de racisme par des mouvements de gauche. » Et de citer les Indigènes de la République qui, selon la jeune femme, portent « une responsabilité évidente » dans l’attentat en question.

C’est en effet la porte-parole du PIR (le Parti des Indigènes de la République), la Franco-Algérienne Houria Bouteldja – celle qui utilise le mot sous-chien pour désigner les Français de souche -, qui, en 2006, écrivit Les habits neufs du doriotisme, pamphlet visant à dénoncer ce qu’elle considérait comme les « inclinations nationales-populistes » (sic) régnant au sein de la rédaction de Charlie Hebdo.

Toujours en 2006, dans une interview donnée à Nouvelles questions féministes, la même avait eu l’amabilité de nous parler de notre avenir. Répondant à la question d’une journaliste (« Venons-en au mouvement des Indigènes de la République, tu disais qu’il est pour toi une dernière chance offerte aux Français, que veux-tu dire par là ? »), elle déclarait :

L’appel des Indigènes […] propose de partir sur des bases saines. C’est là que c’est un cadeau qu’on vous fait. Prenez-le : le discours ne vous plaît pas… mais prenez-le quand même ! Ce n’est pas grave, il faut que vous le preniez tel quel ! Ne discutez pas ! Là, on ne cherche plus à vous plaire ; vous le prenez tel quel et on se bat ensemble, sur nos bases à nous ; et si vous ne le prenez pas, demain, la société tout entière devra assumer pleinement le racisme anti-blanc. Et ce sera toi, ce seront tes enfants qui subiront ça. Celui qui n’aura rien à se reprocher devra quand même assumer toute son histoire depuis 1830. N’importe quel Blanc, le plus antiraciste des antiracistes, le moins paternaliste des paternalistes, le plus sympa des sympas, devra subir comme les autres. Parce que, lorsqu’il n’y a plus de politique, il n’y a plus de détail, il n’y a plus que la haine. Et qui paiera pour tous ? Ce sera n’importe lequel, n’importe laquelle d’entre vous […].

Avant-hier à Paris ou à Toulouse, hier à Joué-lès-Tours, Dijon ou Nantes, aujourd’hui à Charlie Hebdo et Montrouge, Houria Bouteldja ne s’est pas trompée : ceux qui haïssent la France frappent partout et tout un chacun.

Et pourtant, pour Nicolas Gardères, la haine « qui monte » ne peut venir que de ceux qui la dénoncent par « leurs mots, leurs images, leurs fantasmes, leurs prédictions, qui résonnent sur l’air goguenard du on-vous-l’avait-bien-dit ». Comme Houria Bouteldja ?

Caroline Artus

 

http://www.bvoltaire.fr/carolineartus/jeannette-bougrab-accuse,150893

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