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Racisme et liberté d'expression, où est la frontière ?

Rédaction en ligne

Mis en ligne le 05/05/2013

Le débat, peu structuré, était particulièrement tendu entre Denis Ducarme et Mischaël Modrikamen.

A la suite de l'affaire Trullemans, le débat politique dominical de Mise au Point était centré sur la question : Racisme et liberté d'expression, où est la frontière ?

Pour en parler, les présentateurs de la RTBF avaient rassemblé autour de la table Mischaël Modrikamen, avocat de Luc Trullemans et président du Parti Populaire ; Denis Ducarme, député MR ; Jean-Claude Defossé, député écolo et ex-journaliste spécialisé sur les questions de l'extrême droite ; et Philippe Moureaux, député et ancien bourgmestre socialiste de Molenbeek. Etaient aussi invités sur le plateau des spécialistes des nouveaux médias, tels Alain Gerlache, journaliste à la RTBF et Carine Doutrelepont, avocate spécialisée des nouveaux médias et professeur à l'UCL. Enfin, le président de Muslim Rights Belgium, ainsi qu'Edouard Delruelle, président adjoint du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme, avaient répondu à l'invitation.

Alors racistes ou pas les propos de Luc Trullemans ? Maitre Modrikamen a ouvert le bal en répétant que les propos de M. Météo "ne s'apparentent pas à du racisme, ni n'incitent à la haine". Il s'agit pour son avocat, et président du Parti populaire, d'un "discours politique", ni plus ni moins.

Pour les autres invités par contre, ces propos relèvent du racisme. Jean Claude Defossé a dénoncé la "généralisation" de M. Trullemans en parlant d'"Arabes". Un point de vue partagé par l'association Muslim Rights Belgium. De plus, a ajouté Jean Claude Defossé à l'attention de M. Modrikamen : "Il a pris un avocat comme vous, admirateur de Madame le Pen, ce qui veut tout dire...". Denis Ducarme s'est aussi permis cette comparaison, qualifiant à plusieurs reprises le président du Parti Populaire de "petit cousin de Le Pen" lors de leurs échanges à couteaux tirés. Le député a aussi rappelé que "la liberté d'expression comprenait le respect du droit d'autrui". "Oui, on peut critiquer les religions", a-t-il affirmé, "mais sans faire d'amalgames ou de généralisations". Il a également rappelé que M. Trullemans était une personnalité publique qui se devait donc de prendre garde à ses propos,"même choqué, ému, énervé".

Le débat - très dispersé et s'apparentant davantage à un rappel des faits - se situait donc principalement autour de la liberté d'expression, un terrain "symbolique" plus que juridique. Alain Gerlache, pour conclure, a rappelé l'importance de "mener des débats sereins". Peu d'éléments présageant la suite des événements ne sont sortis des discussions. Alors qu'Edouard Delruelle a répété que "l'histoire Trullemans était clôturée à partir du moment où RTL avait licencié son collaborateur", le MRAX a annoncé ce matin avoir déposé une plainte à l'encontre du météorologue pour propos racistes et incitation à la haine. Mischaël Modrikamen a, lui, soutenu :"L'affaire Trullemans ne fait que commencer".

 

 

Tag(s) : #Démocratie liberté d'expression

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