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Bouches-du-Rhône : la Caf sature, les familles craquent

Marseille / Publié le samedi 16 February 2013 à 16H32

130 000 dossiers sont en attente de traitement. Un retard qui prive des allocataires de prestations depuis des mois

Des files interminables et une caisse d'allocations familiales littéralement prise d'assaut... La Caf croule sous les dossiers.
Photo Patrick Nosetto
Des files interminables et une caisse d'allocations familiales littéralement prise d'assaut... La Caf croule sous les dossiers.

130 000 dossiers en souffrance à la Caf. Un triste record. 130 000 hommes et femmes, allocataires potentiels, en demande d'une aide au logement, à la garde de leur jeune enfant, parfois même du RSA, qui vivent dans l'attente, voire l'angoisse. Pour certains, privés depuis des mois de prestations indispensables. Faute de voir leur cas traité dans un délai raisonnable.

Et pour cause : la plus grosse machine à dispenser de l'aide sociale des Bouches-du-Rhône - 400 000 allocataires, 2,3 milliards d'euros de prestations - se trouve littéralement débordée, incapable de répondre au flux des demandeurs. "Nous subissons de plein fouet les effets de la crise qui a fait exploser le nombre d'allocataires, se justifie l'institution, depuis octobre, la Caf 13 recense 1 000 droits ouverts de plus chaque mois". Une asphyxie confirmée par Jean-Pierre Soureillant, le directeur général de la Caf 13 : "On a effectivement accumulé ces derniers mois un retard important. On ne va pas vous raconter d'histoires...", consent-il.

Alors certes, l'homme se veut rassurant : "Les dossiers les plus vitaux, ceux concernant le RSA, sont gérés dans les temps", avant d'indiquer que, pour le reste, "des moyens humains ont été dégagés pour améliorer rapidement la situation".

Mais en attendant, entre les quatre murs, bondés, de la Caisse d'allocations familiales du chemin de Gibbes (14e), l'ambiance est à la désolation. À l'intérieur, une foule considérable et pas assez de places assises pour les personnes âgées. Une affluence encore renforcée par la panne d'électricité qui a obligé cette Caf, la plus fréquentée du département, à fermer ses portes, jeudi !

Les mines sont usées : "En tout, cette semaine, j'ai passé 7 heures ici. Et mon dossier ne se débloque toujours pas", rumine un demandeur d'emploi. "La situation est catastrophique !", confirme Monique Omiro, déléguée Force ouvrière et secrétaire du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) CHSCT. "On a 3 ou 4 mois de retard sur certaines prestations, celles touchant au logement, par exemple... Des gens qui ne peuvent plus payer leur loyer sont expulsés ou sur le point de l'être ! Forcément, quand ils viennent à l'accueil et qu'on leur explique qu'on ne pourra pas leur verser leur prestation en temps et en heure, ça crée des tensions..." Et de décrire des scènes "désarmantes" où des allocataires "escaladent le grillage pour être les premiers dans la file d'attente".

Une situation tendue qui a poussé Monique Omiro à tirer la sonnette d'alarme : "J'ai demandé un conseil extraordinaire du CHSCT avec droit d'alerte et présence de l'inspecteur du travail. On doit agir avant qu'il ne se passe un drame. Car ici aussi, dramatise-t-elle, on peut avoir des gens qui tentent de s'immoler ! Comme c'est déjà arrivé en août 2001, rue du Berceau" . Une syndicaliste qui dit encore craindre que " les vacances scolaires, où nombre d'agents seront partis, n'aggravent les choses. Les fermetures tournantes pour éponger le passif ne suffisent plus", termine-t-elle,je ne vois qu'un moyen de liquider les dossiers en retard : fermer temporairement toutes les Caf et mobiliser l'ensemble des agents pour ce boulot".

Une option rejetée en bloc par la direction. Qui pointe une contradiction : "L'an dernier, on a eu des mois de grève parce qu'on voulait fermer certains sites d'accueil pour améliorer la gestion des dossiers, et aujourd'hui, les mêmes demandent ces fermetures..." De son côté, la CGT, par la voix Laurent Michel, rappelle que ce mouvement avait pour principale revendication... "le renforcement des effectifs". Avec le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux conjugué aux effets de la crise", glisse-t-il, on est arrivés à une situation où on a de moins en moins de personnel et de plus en plus de travail. C'est intenable".

Loin de ces querelles, le nez collé à la grille d'entrée, fermée au public dès 10h30, hier, en conséquence de la saturation du site, une femme de ménage s'effondre : "Je suis venue de l'autre bout de la ville en bus et on me dit d'attendre jusqu'à 13h30 dehors ! C'est ça le service public? J'ai besoin de mes aides au logement pour payer le loyer et nourrir mes gosses. Dites-leur : on devient fou !"

Lire l'intégralité du dossier aujourd'hui dans La Provence.

 

 

D'ici peu, ce seront toutes les CAF qui seront concernées... et comme il n'y a plus de tunes, car le vrai problème c'est celui-ci, les sources vont se tarir et il va bien falloir faire "avec"... Peut-être commencera-t-on a trouver plus judicieux de servir en premier les Autochtones... et peut-être aussi, en supprimant purement et simplement les Allocations Familiales, en commençant par les réduire drastiquement, pourra-t-on préserver les autres Caisses... Sinon, c'est aussi la Sécu qui va exploser, les Caisses de Retraite, dont il se dit qu'elles seront en cessation de paiement en 2017... et le salaire des fonctionnaires qui devra être diminués dans des proportions auxquelles personne ne s'attend probablement...


Tag(s) : #La FRANCE ...

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