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Ces femmes cancéreuses répudiées sur leur lit d’hôpital
rebelle yuva 29 juin 2013

les homme algériens de la honte

Elle a du mal à évoquer ces femmes qui défilent depuis dix-huit ans dans son bureau au CHU Mustapha-Pacha. Hezaimia Akila, docteur en psychologie clinique au Centre Pierre et Marie Curie d’Alger, est révoltée par ce qu’elle voit quotidiennement.

Des Algériennes sont répudiées sur leur lit d’hôpital ou rejetées par leurs familles parce qu’elles sont touchées par le cancer. Leurs maris s’en débarrassent au pas de leur porte comme on se débarrasse d’un fardeau et convolent en justes noces immédiatement.

Des hommes ou des monstres ? Des histoires, Hezaimia Akila en a à revendre. Comment oublier cette mère de famille qui a été battue parce que son mari a appris qu’elle avait un cancer. « C’était une dame âgée qui était venue avec des ecchymoses sur tout le corps pour subir une ablation du sein ! C’est une catastrophe. Notre société est sous-développée ! » En apprenant la date de l’opération à une patiente, son époux qui l’accompagnait s’énerve et rouspète avec indifférence qu’il ne pourra pas venir.

« Si l’on te fait une ablation partielle du sein tu rentres à la maison. Si on t’enlève tout, vas chez ton frère », avait dit un homme à son épouse. Pourtant, la pauvre femme s’occupait de ses orphelins. « Quand j’ai essayé de le raisonner, il m’a demandé de ne pas me mêler de ses affaires », raconte la psychologue. « Un autre a osé me dire : si on lui enlève son sein, avec quoi je vais m’amuser moi ? », raconte-t-elle, outrée.

Se sentant déshonorés, des hommes forcent leurs compagnes à porter le voile pour couvrir leurs cheveux qui tombent après les séances de chimiothérapie. Le docteur Hezaimia a tenté plusieurs fois de raisonner ces hommes, mais elle se fait sermonner, parfois elle est insultée. Elle s’étonne que de tels comportements sévissent en toute impunité sans que les pouvoirs publics, informés de la situation, ne réagissent. Pis encore, la loi algérienne, qui autorise la polygamie, ne protège pas ces femmes et légitime le choix de ces hommes. « Comment des hommes peuvent-ils abandonner leurs épouses après des années de vie commune comme s'ils se débarrassaient d’une chemise usée ? Notre équipe essaye d’aider ces malades. Nous sommes des techniciens, on ne peut pas entrer dans les maisons de ces messieurs ! »

La mort à petit feu

Dès qu’elles apprennent qu’elles sont atteintes de cancer, la plupart des femmes redoutent la réaction de la famille ou de la belle-famille. Un risque de rejet total qui les pousse à cacher leur mal, à ne pas en parler, à souffrir en silence. « Qu’elles soient mariées ou célibataires, elles savent que leur vie actuelle ou future vie conjugale est menacée. » Quand elles apprennent leur maladie, ces femmes sont choquées. Du choc, elles passent au déni, elles refusent d’accepter le cancer. « Le soutien des leurs est indispensable pour ne pas sombrer dans la dépression », explique le docteur Hezaimia, avouant tristement que la plupart des Algériennes sont seules livrées à la maladie. La douleur est double et la mort devient une délivrance lorsque les hommes sont incapables d’aimer.

Docteur Hezaimia affirme que la douleur de ces femmes n’a pas de limite, surtout que le sein symbolise la maternité et la féminité. Elles vivent leur maladie comme une atteinte profonde à leur être, à ce qu’elles ont, à ce qu’elles sont. « L’ablation du sein est une opération doublement douloureuse. Le sein est une partie d’elles-mêmes qui représente l’intimité avec le conjoint et la maternité. Les femmes perdent leur assurance et se sentent inutiles, elles sont blessées profondément. Je me rappellerai toujours de la jeune patiente qui m’avait demandé si son sein allait repousser. J’avais eu très mal. J’avais envie de pleurer. Même si elles font des reconstructions mammaires, ça ne remplacera jamais un vrai sein », dit-elle.

Dès qu’elles sont hospitalisées, elles sont pourtant délaissées et leurs maris courent préparer leur remariage. Souvent, elles sont répudiées, traitées de ne plus être des « femmes entières ». L’association El Amel d’aide au cancéreux, avec ses petits moyens, héberge celles qu’elle peut prendre en charge.

En 2011, le Sénat et le ministère de la Santé ont été saisis et informés de la situation pour venir en aide à ces malades. En vain.Ri7touche pas a mon islam 18 dec 2010
Tag(s) : #Islamophobie un devoir civique

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