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COMMENT RECEVOIR LA SAINTE COMMUNION

Histoire et textes officiels de l’Eglise

 

 

Texte attribué à l'abbé Christian Gouyaud, sur la pastorale de Benoit XVI, intéressant à bien des égards.

 

Citation :

Benoît XVI a réintroduit, pour ce qui le concerne, la distribution de la communion sur la langue des fidèles agenouillés. Cette manière de procéder est tout à fait caractéristique du pape qui prêche pédagogiquement par et n'impose pas brutalement par décret. Monseigneur Ranjith estime que « le moment est arrivé de bien évaluer cette pratique, de revoir et, si nécessaire, d'abandonner la pratique actuelle » de la communion reçue debout et dans la main. L'actuel Secrétaire de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements s'exprime ainsi dans une préface à un remarquable opuscule de Mgr A. Schneider, évêque au Kazakhstan, intitulé Dominus est. La question du mode de distribution de la communion est sans doute l'une des plus exemplaires de l'affaiblissement du gouvernement ecclésiastique dans les années 1970. En voulant avaliser pour canaliser, les responsables sciaient la branche sur laquelle ils étaient assis. En cédant aux pratiques de désobéissance objective émanant de lobbies progressistes, l'autorité sapait le principe même d'autorité.

Rappelons que ni le Concile Vatican II, ni le Novus Ordo Missae promulgué par Paul VI ne prévoyaient que la communion fût reçue debout et dans la main. Consultés par une Lettre émanant du président et du secrétaire du Consilium pour l'exécution de la Constitution sur la liturgie en date du 29 octobre 1968, près des deux tiers des évêques latins du monde s'opposèrent à l'introduction de cette manière de communier. Comment une minorité agissante put-elle alors imposer une telle pratique ?

 

L'Instruction Memoriale Domini, publiée par la Congrégation pour le Culte Divin le 29 mai 1969, était précisément consacrée à « la façon de distribuer la communion ». Elle prenait acte de ce que, « dans certains endroits », l'autorisation de distribuer la communion dans la main avait été présumée ! Le document commençait par énumérer les avantages de la communion sur la langue pour aboutir à la conclusion suivante :

« Compte tenu de la situation actuelle de l'Église dans le monde entier, cette façon de distribuer la sainte communion [sur la langue] doit être conservée, non seulement parce qu'elle a derrière elle une tradition multiséculaire, mais surtout parce qu'elle exprime le respect des fidèles envers l'Eucharistie. [...] De plus, cette façon de faire, qui doit déjà être considérée comme traditionnelle, assure plus efficacement que la sainte communion soit distribuée avec le respect, le décorum et la dignité qui lui conviennent [...] C'est pourquoi, le Souverain Pontife n'a pas pensé devoir changer la façon traditionnelle de distribuer la sainte communion aux fidèles. Aussi, le Saint-Siège exhorte-t-il vivement les évêques, les prêtres et les fidèles à respecter attentivement la loi toujours en vigueur et qui se trouve confirmée de nouveau ».

Cette décision devait cependant être inopérante par le fameux renvoi à la compétence des Conférences épiscopales qui généraliseront la communion dans la main. De plus, une Lettre pastorale accompagnait l'Instruction Memoriale Domini, qui donnait le mode d'emploi d'une pratique que l'Instruction réprouvait.

 

Une autorité impuissante ?

 

A relire ce document quarante ans après, on a vraiment le sentiment d'une autorité impuissante qui assortit la nouvelle manière de communier de conditions idéales qui sont autant de vœux pieux! Par exemple, « qu'on fasse attention à ne pas laisser tomber ni se disperser des fragments de pain eucharistique, comme aussi à la propreté convenable des mains et à la bonne tenue des gestes selon les usages des divers peuples »! Allait-on instaurer pour les fidèles un rite de purification (avant la communion) puis d'ablution des mains (après) ? De plus, l'Instruction octroyait l'induit pour entériner des situations de fait tandis que la Lettre abondait dans le sens d'une initiation et, par conséquent, d'une incitation progressive: « II convient donc de l'introduire graduellement, en commençant par des groupes et des milieux qualifiés et plus préparés. »

L'argument de fond pour introduire la nouvelle manière de communier avait été avancé dans la Lettre du 29 octobre 1968 : « La manière traditionnelle de recevoir la communion sur la langue apparaît de plus en plus à nos contemporains comme un geste infantile; il rappelle trop la manière de nourrir les petits enfants incapables de manger seuls. Beaucoup d'adultes ressentent de la gêne à faire en public un acte qui n'a aucune beauté extérieure et qui les rabaisse à la petite enfance. »

En d'autres termes: le chrétien moderne est un chrétien adulte qui se tient debout face à son Seigneur et qui se communie lui-même car l'eucharistie est un droit de l'homme! 

Dans son excellent Dominus est qui reprend toute cette question, Mgr Schneider cite, au contraire, un grand nombre de Pères de l'Église et de saints qui présentent l'eucharistie comme le Don ineffable qu'on ne reçoit qu'en devenant comme de petits enfants! Il évoque aussi le risque objectif de profanation des parcelles quand celles-ci ne sont pas recueillies. Il reste enfin la question lancinante de savoir si, quarante ans après, le fait de se communier soi-même debout, joint à la grave désaffection du sacrement de la réconciliation, a apporté une valeur ajoutée au respect du sacré?

En 1980, Jean-Paul II confessa franchement ne pas être favorable à cette pratique de la communion debout et dans la main et ne pas la recommander. Ce n'est qu'avec réticence qu'il adopta finalement la praxis en vigueur.

On mesure aujourd'hui l'héroïcité du courage de Benoît XVI qui cherche à inverser ce processus. 

 

Fin de citation.

 

 

benoit-xvi.pngBenoît XVI : « recevoir l'Eucharistie signifie se mettre en attitude d'adoration »

 

Le 30 décembre 2008 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde

 

« Une liturgie qui ne connaitrait plus l'agenouillement serait malade » (J. Ratzinger) 

 

« Le geste du corps est en lui-même porteur d’un sens spirituel sans laquelle l’attitude physique resterait sans signification. L’acte spirituel, de par son essence, de par l’unité corps-âme de l’homme, doit nécessairement s’exprimer dans le corps. Il se peut bien que l’agenouillement  soit étranger à la culture moderne, pour la bonne raison que c’est une culture qui s’est éloignée de la foi et ne connaît  plus celui devant lequel l’agenouillement est le geste juste, et même intrinsèquement nécessaire. Qui apprend à croire, apprend aussi à s’agenouiller, et une foi ou une liturgie qui ne connaitrait plus l’agenouillement serait malade dans son centre. Partout où il a été perdu, l’agenouillement doit être réappris afin que, par notre prière, nous restions dans la communauté des apôtres et des martyrs, dans la communauté du cosmos tout entier, en union avec Jésus-Christ. » 

 

Extrait de "L'Esprit de la Liturgie" (Cardinal Ratzinger)

 

Mgr Malcolm Ranjith :

Les dernières décennies ont vu la liturgie de l'Église Catholique prendre un visage très différent de celui du passé. Depuis quelques mois, le pape Benoît XVI, réintroduit des éléments plus anciens dans la liturgie actuelle de l'Église. Il a par exemple repris l'habitude de distribuer la communion dans la bouche des fidèles agenouillés.

Loin des polémiques stériles ce petit livre d'un évêque du Kazakhstan appelle à prendre de la hauteur et du recul sur cette question. À la fois témoignage et réflexion, il explique la pratique de communion réintroduite par Benoît XVI avec un véritable souci pédagogique et pastoral.

 

Préface

Dans le livre de l'Apocalypse, saint Jean raconte qu'après avoir vu et entendu ce qui lui avait été révélé, il s'était lui-même prosterné en adoration, au pied de l'ange de Dieu (cf. Ap 22, 8). Se prosterner ou se mettre à genoux, devant la majesté de la présence de Dieu, en une adoration humble, était déjà une habitude de respect que le peuple d'Israël manifestait en la présence du Seigneur. Il est dit au Premier livre des Rais : « Quand Salomon eut achevé d'adresser au Seigneur cette prière et cette supplication, il se releva de devant l'autel du Seigneur, où il était agenouillé, les mains étendues vers le ciel, et s'étant mis debout, il bénit toute l'assemblée d'Israël » (1 R 8, 54-55). La position de supplication du roi est claire : il était à genoux devant l'autel.

La même tradition est également visible dans le Nouveau Testament quand nous voyons Pierre se mettre à genoux devant Jésus (cf. Lc 5, 8), Jaïre lui demander de guérir sa fille (Lc 8, 41), le Samaritain revenir le remercier ou Marie, la sœur de Lazare, demander la vie de son frère (Jn 11, 32). C'est la même attitude de prosternation devant la stupeur que provoque la présence ou la révélation divine que l'on remarque généralement dans le livre de l'Apocalypse (Ap 5, 8, 14 et 19, 4).

À cette tradition était étroitement liée la conviction que le Temple Saint de Jérusalem était la demeure de Dieu, et que, par conséquent, il fallait y disposer tout le corps dans une attitude exprimant un sentiment profond d'humilité et de respect à l'égard du Seigneur présent.

Même dans l'Église, la conviction profonde que, dans les espèces eucharistiques, le Seigneur est vraiment et réellement présent ainsi que la pratique croissante de conserver la Sainte Communion dans les tabernacles, ont contribué à l'habitude de s'agenouiller dans une attitude d'humble adoration du Seigneur, présent dans l'Eucharistie.

De fait, en ce qui concerne la présence réelle du Christ dans les espèces eucharistiques, le Concile de Trente déclare : in almo sanctae Eucharistiae sacramento post panis et uini consecrationem Dominum nostrum lesum Christum uerum Deum atque hominem uere, realiter ac substantialiter sub sperie illamm rerum sensibilium contineri, « dans le vénérable sacrement de la sainte Eucharistie, après la consécration du pain et du vin, notre Seigneur Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, est vraiment, réellement et substantiellement contenu sous l'apparence de ces réalités sensibles » (DS1651).

Par ailleurs, saint Thomas d'Aquin avait déjà défini l'Eucharistie latens Deitas (Saint Thomas d'Aquin, Hymne Adoro Te dévote). La foi dans la présence réelle du Christ sous les espèces eucharistiques appartenait déjà alors à l'essence de la foi de l'Église catholique et faisait partie intégrante de l'identité catholique. Il était clair qu'on ne pouvait édifier l'Église si une telle foi venait à peine à être ébranlée.

Donc, l'Eucharistie, pain transsubstantié en Corps du Christ et vin en Sang du Christ, Dieu parmi nous, devait être accueillie avec émerveillement, avec le plus grand respect et dans une attitude d'humble adoration. Le Pape Benoît XVI, en se référant aux paroles de saint Augustin nemo autem illam carnem manducat, nisi prias ado-rauerit; peccemus non adorando, « que personne ne mange cette chair sans d'abord l'adorer; nous pécherions si nous ne l'adorions pas » (Enarrationes in Psalmos 98, 9 ; CCL 39, 1385), souligne le fait que « recevoir l'Eucharistie signifie se mettre en attitude d'adoration envers Celui que nous recevons. [...] Ce n'est que dans l'adoration que peut mûrir un accueil profond et vrai » (Benoît XVI - Sacramentum Caritatis 66).

Selon cette tradition, il est évident qu'adopter des gestes et des attitudes du corps et de l'esprit qui facilitent le silence, le recueillement, l'humble acceptation de notre pauvreté face à la grandeur infinie et à la sainteté de Celui qui vient à notre rencontre sous les espèces eucharistiques, devenait cohérent et indispensable. La meilleure façon d'exprimer notre sentiment de révérence à l'égard du Seigneur-Eucharistie était de suivre l'exemple de Pierre qui, comme nous dit l'Évangile, se jeta à genoux devant le Seigneur en lui disant : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un pécheur » (Lc 5, 8).

Aujourd'hui, comme nous le voyons dans certaines églises, une telle pratique est tombée toujours plus en désuétude, et les responsables non seulement exigent que les fidèles reçoivent la Sainte Eucharistie debout, mais ont même été jusqu'à supprimer les agenouilloirs, obligeant les fidèles à s'asseoir ou à se tenir debout, même durant l'élévation des Espèces eucharistiques présentées pour être adorées. Le comble est de constater que de telles mesures ont été prises dans les diocèses, par les responsables de la liturgie, ou dans les églises, par les curés, sans même consulter le moins du monde les fidèles, alors qu'aujourd'hui, plus que jamais, on parle dans de nombreux milieux de démocratie dans l'Église.

Dans le même temps, il faut reconnaître, au sujet de la communion dans la main, que cette pratique a été introduite de manière abusive et à la hâte dans certains milieux de l'Église juste après le Concile, changeant la coutume séculaire qui avait précédé pour devenir désormais la pratique régulière dans toute l'Église. On a justifié un tel changement en affirmant qu'il reflétait mieux l'Évangile ou l'antique pratique de l'Église.

Il est vrai que si l'on peut recevoir sur la langue, l'on peut aussi recevoir sur la main, ces deux organes du corps étant d'une égale dignité. Certains, pour justifier cette pratique, font référence aux paroles de Jésus : « Prenez et mangez » (Mc 14,22; Mt 26,26). Quelles que soient les raisons favorables à cette pratique, nous ne pouvons ignorer ce qui se passe au niveau mondial, quand une telle pratique vient à se réaliser. Ce geste contribue à un affaiblissement graduel et croissant de l'attitude de respect envers les saintes Espèces eucharistiques. À l'inverse, la pratique précédente avait mieux préservé ce sentiment de vénération. Au lieu de cela, se sont glissés un manque alarmant de recueillement et un esprit de générale insouciance. Il arrive désormais de voir des personnes ayant communié qui retournent à leur place comme si rien d'extraordinaire ne s'était produit. Dans la grande majorité, ce sont les enfants et les adolescents qui sont distraits. Dans de nombreux cas, on ne remarque pas ce sens de gravité et ce silence intérieur qui doivent être les signes de la présence de Dieu dans l'âme.

Et puis il y a toutes sortes d'abus : ceux qui emportent les saintes espèces pour les garder comme souvenirs; ceux qui les vendent, ou pire encore, ceux qui les emmènent afin de les profaner dans des rites sataniques. On a pu faire le constat de telles situations : jusque dans les grandes concélébrations, même à Rome, on a pu trouver à plusieurs reprises les Saintes Espèces jetées par terre.

Cette situation nous amène à réfléchir non seulement sur cette grave perte de la foi, mais aussi sur ces outrages et offenses faites au Seigneur, Lui qui daigne venir à notre rencontre en voulant nous rendre semblables à Lui, afin que se reflète en nous la sainteté de Dieu.

Le Pape Benoît XVI parle de la nécessité non seulement de comprendre le sens véritable et profond de l'Eucharistie, mais aussi de la célébrer avec dignité et respect. Il dit que nous devons être conscients

« de l'importance des gestes et des postures, comme le fait de s'agenouiller pendant les moments centraux de la prière eucharistique » (Sacramentum Caritatis, 65).

De plus, en parlant de la réception de la Sainte Communion, il invite tout le monde à « faire [son] possible pour que le geste, dans sa simplicité, corresponde à sa valeur de rencontre personnelle avec le Seigneur Jésus dans le Sacrement » (Sacramentum Caritatis, 50).

Dans cette perspective, il faut apprécier le petit livre écrit par S. E. Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de Karaganda, au Kazakhstan, (dont une interview exclusivemgr-ranjith.png est disponible ICI) dont le titre Dominus est est tout à fait significatif. Ce livret veut apporter sa contribution dans la discussion actuelle sur l'Eucharistie, comme présence réelle et substantielle du Christ dans les espèces consacrées du pain et du vin. Il est à noter que Mgr Schneider commence sa présentation par une note personnelle qui rappelle la profonde foi eucharistique de sa mère et de deux autres femmes, foi conservée au milieu de tant de souffrances et de sacrifices, que la petite communauté catholique de ce pays a supportés durant les années de persécution soviétique.

En partant de sa propre expérience qui a éveillé en lui une grande foi, de l'émerveillement et de la dévotion à l'égard du Seigneur présent dans l'Eucharistie, il nous présente un excursus historico-théologique qui explique bien comment la pratique de recevoir la Sainte Communion dans la bouche et à genoux a été accueillie et pratiquée dans l'Église durant de nombreux siècles.

Aujourd'hui, je crois que le moment est arrivé de bien évaluer cette pratique, de revoir et, si nécessaire, d'abandonner la pratique actuelle qui, en réalité, ne se trouve indiquée ni dans Sacrosanctum Concilium lui-même, ni par les Pères Conciliaires, mais qui fut acceptée après avoir été introduite abusivement dans certains pays. Aujourd'hui plus que jamais, il est nécessaire d'aider les fidèles à retrouver une foi vive en la présence réelle du Christ dans les espèces eucharistiques, dans le but de renforcer la vie même de l'Église et de la préserver au milieu des dangereuses déviations de la foi que de telles situations continuent à provoquer.

Les raisons d'une telle orientation ne doivent pas être tant théoriques que pastorales - autant spirituelles que liturgiques : elles doivent contribuer à une meilleure édification de la foi. En ce sens, Mgr Schneider fait preuve d'un courage louable parce qu'il a su saisir la vraie signification de la parole de saint Paul : « Que tout se passe de manière à édifier » (1 Co 14, 26).

Mgr Malcolm Ranjith

Évêque Secrétaire de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements

 

L’argumentation selon laquelle la pratique de la communion dans la main trouverait sa justification dans l’histoire de l’Eglise est nulle et non avenue car sa réintroduction ne le fut pas – et loin s’en faut ! – dans le but de « renouer avec une tradition perdue », mais bien d’affaiblir, voire de détruire le dogme de la Présence Réelle et ce, par le biais de la réforme protestante.

Comme le souligne Mgr Athanasius Schneider, « Cette situation s'est imposée avec toutes les caractéristiques d'une mode et j'ai le sentiment que sa diffusion a répondu à une véritable stratégie. Cette habitude s'est répandue avec l'effet d'une avalanche. Je me demande comment nous avons pu devenir insensibles au point de ne plus reconnaître la sublime sacralité des espèces eucharistiques, Jésus vivant en nous avec Sa majesté divine.»

Monseigneur Athanasius Schneider : Je voudrais avant tout souligner que je crois que l'on peut aussi communier avec grande révérence en recevant l'hostie dans la main. Mais, dans sa forme la plus commune, où le ministre et le fidèle semblent avoir oublié toute la sacralité de l'événement, je dois bien admettre que la communion dans la main contribue à un affaiblissement de la foi et à une moindre vénération du Seigneur eucharistique. En ce sens, je suis pleinement en accord avec les observations de SE Mgr Ranjith. Certaines considérations aident à les comprendre :

- Rien ne garantit la vénération des fragments les plus infimes de l'hostie. Je souffre de la perte des fragments de la Sainte Eucharistie, désormais très fréquente à cause de la pratique quasi générale de la communion dans la main. Je ne comprends pas comment est possible une telle indifférence qui conduit avec le temps à une diminution de la foi dans la Transsubstantiation, si ce n'est à sa disparition pure et simple...

- La communion dans la main favorise grandement le vol des espèces eucharistiques. Des sacrilèges que nous ne devrions en aucun cas permettre se commettent de ce fait.

- Le déplacement du tabernacle, en outre, nuit à la centralité de l'Eucharistie, y compris dans une perspective pédagogique : le lieu où se repose Notre Seigneur Jésus-Christ doit toujours être visible de tous.

Mons. Schneider, spécialiste de patristique armé d'un doctorat, nous l'a expliqué le 19 juillet.

« La communion dans la main a été inventée après Vatican II de façon tout à fait innovatrice »

- l'évêque constate que La communion dans la main n'a rien à voir avec la première église L'affirmation, que La communion dans la main date des premiers siècles, est historiquement fausse.

 

L'église primitive a pratiqué une tout à fait autre forme de recevoir la communion. La main avant de recevoir la communion était purifiée, après cette réception elle était ensuite nettoyée. En outre les croyants s'inclinaient profondément, pour prendre avec la langue le corps du Seigneur déposé dans leur main, avec une attitude adorante: „C'était presque une communion dans la bouche plutôt que dans la main." "Après la communion, les croyants devaient lécher leur main avec la langue, afin que les plus petites particules ne se perdent même pas. Un Diacre contrôlait le nettoyage."

 

Mgr Schneider commente: « Ce soin et cette précaution sont en contradiction avec l'indifférence et l'insouciance, avec laquelle la dite communion dans la main est distribuée aujourd'hui. Les femmes ne recevaient en principe jamais la communion sur la paume. Elles avaient étendu un tissu blanc, une sorte de Corporal, sur la main. »

« Alors, elles recevaient directement la communion (en la prenant) avec leur bouche sur leur petite pièce de linge ». « C'est un grand contraste avec la forme actuelle de communion dans la main » insiste Mgr Schneider. « Les croyants antiques n'auraient saisi jamais le pain consacré avec leurs doigts : Le geste de se communier soi-même était inconnu dans l'Église. La forme antique de communier était en fin de compte impraticable, et L'Église au cours des siècles perfectionna la forme de distribuer la communion, certainement sous la conduite du Saint-Esprit ».

Mgr Schneider a expliqué, que l'église d'Orient en était déjà arrivée à ce stade au Vème siècle, l'église d'Occident légèrement plus tard. La transition est arrivée dans le monde entier, organiquement, instinctivement et paisiblement. L'évêque d'Astana informe que le pape Grégoire le Grand († 604) donnait la communion dans la bouche. Des synodes français et espagnols des 8ème et 9ème siècles sanctionnaient par l'Excommunication l'acte de toucher des Hosties avec la main : « Si un synode a édicté cette sanction si sévère, c'est que cette pratique interdite ne s'était répandue que depuis peu de temps. »

 

mgr-schneider.png"La communion dans la main vient des Calvinistes": selon les indications de Mgr SCHNEIDER, la communion dans la main vient des calvinistes néerlandais seulement au 17ème siècle. Le calvinisme nie la Présence Réelle du Christ dans l'Hostie. Les Luthériens n'ont même pas pratiqué une telle communion dans la main : Les Luthériens ont gardé jusqu'à une époque récente, et jusqu'à aujourd'hui encore dans les pays scandinaves la communion dans la bouche en s'agenouillant. 

Le texte de St Cyril de Jérusalem est souvent évoqué pour dresser un pont (fictif en réalité) entre l'antique pratique décrite par Mgr Schneider et la réalité historique dont il a été démontré de façon absolument claire et rigoureusement argumentée qu'elle n'a jamais existé en la forme qu'on lui connaît aujourd'hui.

 

 

La communion dans la main n'a été tolérée que du fait de circonstances exceptionnelles.

 

1. Nous avons une masse de témoignages, St Léon, St Grégoire, en faveur du fait que la communion se faisait dans les premiers siècles ordinairement sur la langue, le principe du reste étant que seul le célébrant se communie lui-même, même si le Pape ou la Vierge Marie assistait corporellement à la Messe, un simple prêtre ou délégué leur aurait donné la communion.

2. Seules des circonstances exceptionnelles, ainsi que l'explique St Basile le Grand ont justifiées la communion dans la main : notamment la persécution, l'arcane que vivaient les premiers chrétiens.

De nos jours du reste un franciscain chez les SS donne-t-il la communion dans son casque militaire. Voir ICI et l'abbé Amyot d'Inville dans la poche ou de la main à la main, dans l'univers concentrationnaire.

3. Hors de ces circonstances exceptionnelles, la pratique a été condamnée, jusqu'à nos jours sans interruption, et tant Paul VI, Jean Paul II que Benoit XVI n'ont JAMAIS exprimé d'avis positifs sur le fait de se communier = recevoir la communion dans la main, mais tous ont :

- rappelé le fait qu'il s'agissait d'une indulgence et extorquée

- la préférence de l'Eglise pour le fait de recevoir la communion du célébrant, dans la bouche (et agenouillé).

Cette continuité peut donc faire dire qu'il s'agit d'une ligne magistérielle.

4. la question n'est pas de la dévotion personnelle de telle ou telle et ce que cette pratique dit ou ne dit pas de la sainteté de telle ou tel.

Cela seul Dieu le sait.

5. la citation tarte à la crème de St Cyrille de Jérusalem est, au regard des éléments énoncés précédemment, nulle et non avenue.

Le sacré Concile de Trente a déclaré que la coutume pour le prêtre qui célèbre la messe de se donner à lui-même la communion (de ses propres mains) et des laïcs de la recevoir du prêtre est une tradition apostolique. Un examen plus rigoureux des documents sur l'histoire de l'Église et des écrits des Pères ne justifie pas l'assertion selon laquelle la communion dans la main était une pratique universelle qui fut graduellement supplantée et finalement remplacée par la pratique de la communion sur la langue. Les faits semblent plutôt conduire à une conclusion différente.

Déjà au Ve siècle, le Pape saint Léon le Grand (440-461) témoigne de cette pratique traditionnelle. Dans son commentaire sur le sixième chapitre de l'Évangile de Jean, il mentionne que la communion dans la bouche est d'un usage courant: On reçoit dans la bouche ce que l'on croit par la foi [2].

Le Pape ne parle pas comme s'il introduisait une nouveauté, mais comme s'il s'agissait d'un fait bien établi. Un siècle et demi plus tard, mais toujours trois siècles avant que la pratique ait été prétendument introduite, le Pape Grégoire le Grand (590-604) en est lui aussi le témoin. Dans ses dialogues (Romain 3, c. 3) il rapporte que le Pape saint Agapet accomplit un miracle durant la messe après avoir placé le Corps du Seigneur dans la bouche d'une personne. Jean le Diacre nous parle également de la manière dont ce Pape distribuait la sainte communion. Ces témoins remontent au cinquième et au sixième siècle. Comment peut-on raisonnablement affirmer que la communion dans la main était la pratique officielle qui s'est poursuivie jusqu'au dixième siècle? Comment peut-on affirmer que la communion sur la langue est une invention médiévale?

Nous ne prétendons pas que jamais, en aucune circonstance, les fidèles n'ont reçu la communion dans la main. Mais dans quelles conditions cela se passait-il?) Il semble bien que très tôt le prêtre plaçait habituellement l'hostie consacrée dans la bouche du communiant. Cependant, à l'époque des persécutions, lorsque la présence des prêtres fut rendue difficile et que les fidèles emportaient chez eux le sacrement, ils se donnaient à eux-mêmes la communion, de leurs propres mains. Autrement dit, plutôt que d'être totalement privés du Pain de Vie, ils pouvaient le recevoir de leurs propres mains, faute de quoi ils auraient été privés de cette nécessaire nourriture spirituelle.

Il en était de même pour les moines qui s'étaient retirés au désert où ils ne disposaient pas des services d'un prêtre et ne voulaient pas abandonner la pratique de la communion quotidienne.

En résumé, il était permis de toucher l'hostie lorsque ne pas le faire signifiait se priver du sacrement. Mais lorsqu'un prêtre était présent, on ne recevait pas la communion dans la main. Saint Basile (330-379) dit clairement que recevoir la communion de ses propres mains n'est permis qu'en temps de persécution ou, comme dans le cas des moines au désert, lorsqu'il n'y a ni prêtre ni diacre pour la distribuer.

Il n'est pas nécessaire de montrer que communier de sa propre main ne constitue par une faute grave en l'absence d'un prêtre ou d'un diacre (Lettre 93). Le texte laisse entendre que recevoir la communion dans la main en d'autres circonstances, hormis la persécution, représente une faute grave [3]. Le saint fonde son opinion sur la coutume des moines solitaires au désert, qui conservaient le saint sacrement dans leur demeure et qui, en l'absence du prêtre ou du diacre, se donnaient à eux-mêmes la communion.

Dans son article intitulé "Communion" dans le Dictionnaire d'archéologie chrétienne, Leclerq déclare que la paix de Constantin mettait un terme à la pratique de la communion dans la main. Ceci réaffirme, en ce qui nous concerne, le raisonnement de saint Basile voulant que ce soit la persécution qui ait créé l'alternative entre recevoir la communion dans la main ou de ne pas la recevoir du tout.

Lorsque les persécutions eurent cessé, il est évident que la pratique de la communion dans la main a persisté ici et là. Cela était considéré par les autorités de l'Église comme un abus dont il fallait se débarrasser, puisqu'on l'estimait contraire à la coutume des Apôtres.

 

C'est ainsi que le Concile de Rouen, qui s'est réuni en 650, déclare :

« Ne mettez pas l'Eucharistie dans les mains d'un laïc ou d'une laïque, mais seulement dans leur bouche. »

Le Concile de Constantinople, connu sous le nom de concile in Trullo (un concile œcuménique qui ne s'est pas tenu ici), interdisait aux fidèles de se donner à eux-mêmes la communion (ce qui est évidemment le cas lorsque la particule consacrée est placée dans la main des communiants). Il décrétait une excommunication d'une semaine pour ceux qui feraient cela en présence d'un évêque, d'un prêtre ou d'un diacre.

A nouveau, concernant Saint Cyrille :

Évidemment, les promoteurs de la "communion dans la main" font généralement très peu mention des faits que nous venons de présenter. Ils font cependant grand usage du texte attribué à saint Cyrille de Jérusalem, contemporain de saint Basile au quatrième siècle.

Henri Leclerq résume les faits comme suit: « Saint Cyrille de Jérusalem recommandait aux fidèles qu'en se présentant pour recevoir la communion, ils devraient avoir la main droite tendue, les doigts joints, soutenus par la main gauche, la paume légèrement concave; et au moment où le Corps du Christ serait déposé dans sa main, le communiant dirait: Amen. »

Le texte ne s'arrête toutefois pas là. Il poursuit en proposant ce qui suit: « Sanctifiez votre œil par le contact avec le Corps Sacré (...) Alors que vos lèvres sont encore humides, touchez vos lèvres et passez votre main sur vos yeux, votre front et vos autres sens pour les sanctifier. »

Cette recommandation plutôt bizarre (ou même superstitieuse? irrévérencieuse?) a amené les savants à s'interroger sur l'authenticité de ce texte. Certains pensent qu'il y a eu interpolation, ou que c'est en réalité le successeur du saint qui en est l'auteur.

Il n'est pas impossible que ce texte soit réellement l'œuvre du Patriarche Jean qui a succédé à saint Cyrille de Jérusalem. Mais l'orthodoxie de ce Jean était suspecte. Nous le savons grâce à la correspondance échangée entre saint Épiphane, saint Jérôme et saint Augustin.

 

Nous avons donc à l'appui de la communion dans la main un texte dont l'origine est douteuse et le contenu discutable. D'un autre côté, nous avons des témoins digne de foi, y compris deux grands papes, montrant que la pratique de placer l'hostie consacrée dans la bouche du communiant était habituelle et ordinaire au moins depuis le cinquième siècle.

[...] les prêtres n'étaient autorisés à toucher le saint sacrement que par nécessité. En fait, en dehors du célébrant lui-même, personne, pas même un prêtre, ne pouvait recevoir la communion de ses propres mains. Ainsi, dans la pratique liturgique traditionnelle du rite romain, si un prêtre assistait à la messe (sans la célébrer) et désirait recevoir la sainte communion, il ne le faisait pas de ses propres mains: un autre prêtre la lui donnait sur la langue. Ce qui serait également vrai pour un évêque.

 

Ce qui est vrai pour le Pape lui-même. Lorsque le Pape saint Pie X, par exemple, était sur son lit de mort, en août 1914, et que la sainte communion lui fut apportée en viatique, il ne lui a pas été permis de la recevoir dans la main; il la reçut sur la langue en conformité avec la loi et la pratique de l'Église catholique.

 

Ce qui confirme un point fondamental: en signe de révérence, l'hostie consacrée ne devrait pas être touchée sans nécessité. Il est évidemment nécessaire que quelqu'un distribue le Pain de Vie. Mais il n'est pas nécessaire que chaque homme, chaque femme et chaque enfant se fasse son "ministre eucharistique" en multipliant les manipulations et les dangers de laisser tomber l'hostie et de perdre des parcelles. Même les mains de ceux qui ont été spécialement consacrés pour toucher la très sainte Eucharistie, c'est-à-dire les prêtres, ne devraient le faire sans nécessité.

La communion dans la bouche n'est pas seulement "une tradition séculaire", sous-entendu, la communion dans la main serait aussi une tradition, plus récente, de l’Eglise. La communion dans la main a été à maintes occasions, soit implicitement, soit explicitement condamnée, comme le démontre les extraits ci-dessous.

 

Communion dans la main ? Textes officiels de l’Eglise

 

1/ Concile Vatican II : Les Pères du Concile (91% des évêques présents) se sont prononcés contre

cette pratique qui s’étendait illicitement (Allemagne, Belgique, France, et Hollande)

2/ Le Concile, dans ses « recommandations liturgiques conciliaires », demande au Cardinal hollandais Alfrink (lettre du 12-10-65) de conserver le mode traditionnel de la communion.

3/ La Sainte Congrégation des Rites accorda sans en référer au pape la nouvelle pratique en Allemagne (67-68) et en Belgique (11/7/68).

Réaction du Saint Père, devant cette tentative de faire accepter ‘le fait accompli’ : Il suspendit une telle concession le 25/7/68.

4/ La décision du Concile et du Pape n’ayant pas suffi à faire arrêter les abus, Paul VI organise une entrevue mondiale de l’Episcopat à laquelle ont répondu le 12 mars 1969, 2136 évêques.

La question : « Faut-il retenir le désir, en plus du mode traditionnel de communion, que soit autorisé le rite de la Communion dans la main ? » reçut la même réponse que celle du Concile (1233 évêques, plus des deux tiers, répondirent non, face à 563 autres qui ne s’y opposaient pas, 315 + 21 ne se prononçant pas d’un côté ou de l’autre).

5/ Il faut lire Memoriale Domini qui fut alors promulguée par Paul VI pour expliquer les cinq graves raisons qui ont détourné depuis 13 siècles l’Eglise de cette pratique…

[…]

8/ C’est dans les semaines qui ont suivi que la Congrégation des Rites (comme elle l’avait fait pour l’Allemagne et la Belgique en 1968, voir plus haut bas) a cependant répondu positivement à la demande des évêques de France, qui voulaient faire admettre pour leurs diocèses que la communion sur la main puisse y être ‘tolérée’, en dépit de la promulgation de l’Instruction si explicite sur ce sujet si grave… Ce fut une « gifle » non dissimulée à l’autorité suprême de l’Eglise, qui cette fois ne suspendit pas la concession qui avait été ainsi faite.

9/ C’est que des graffitis du quatrième siècle (le Pectorius d’Autun par exemple) ou d’autres inscriptions anciennes témoigneraient de ce que cette pratique fut alors admise chez des chrétiens… Il est certes difficile de dire s’ils étaient ariens (qui niaient la divinité du Christ), ou docètes, ou gnostiques, ou encore marcionites, aerianos, antropomorfites, artotirites (qui offraient du fromage avec du pain dans la Liturgie !!), acuariens (qui offraient seulement de l’eau dans la Coupe), ofitas, ou d’autres communautés qui témoignent par le fait même que le Mystère eucharistique n’était chez eux pas encore très approfondi …

10/ Le rite de la ‘Bouchée’ nous vient pourtant de très loin : depuis Moïse, le père de famille dans la Cène juive qui anticipe la Cène du Messie, réserve le ‘Pain du Messie’ pour la fin du repas de la Pâques, et il ne le donne à chacun qu’en le leur donnant à la bouche.

Voilà pourquoi les Evangiles nous indiquent que Jésus prit ce Pain, le consacra, et donna «la bouchée» à ses disciples à l’Institution de la Cène Nouvelle.

11/ La traduction française : « PRENEZ et mangez en tous » est hélas loin du texte original, que la Sainte Liturgie donne par le mot «ACCIPITE et manducate», s’adresse de toutes façons aux Apôtres-Ministres et non aux disciples… et se traduit par « RECEVEZ »

12/ La Sainte Ecriture confirme cela, car le Christ n’est pas venu abolir, mais accomplir les préceptes selon lesquels le rite ne doit pas permettre que l’on touche des objets sacrés (Nombres 4,15 ; II Samuel 6, 1-9 ; Judith 11,13, etc. ), ou par exemple dans le Psaume 81 qui dit « Ouvre ta bouche, et moi je l’emplirai » dans un passage où Dieu promet d’alimenter ses fidèles avec de la « fleur de farine et du miel du Rocher » (versets 11-17).

13/ Voilà encore pourquoi l’Eglise n’est jamais intervenue pendant tous les siècles de son existence que pour rétablir cette pratique si par malheur elle avait été perdue : Le Synode de Rouen (649-653) interdit la communion dans la main ; mais déjà au quatrième siècle cela ne se faisait plus en divers endroits grâce à la correction des abus et hérésies que nous avons signalés.

Le Pape Saint Sixte Ier (115-125) s’honore d’avoir rétabli à Rome cette pratique traditionnelle. Ces interdictions se sont fortement maintenues avec le Concile de Trente qui eut à faire face aux effets dévastateurs de la Réforme quiévidemment revenait à une manière de communier d’autant plus périmée qu’elle repoussait la Foi en la Présence Réelle…

14/ La Patristique enfin, si elle témoigne en certains lieux de la pratique de la communion dans la main, ne cesse en même temps de rappeler que le Christ est réellement présent dans les Particules qui se détachent de la Forme Sacrée (St Jérôme, Origène, Tertullien, St Athanase, St Cyrille d’Alexandrie, St Cyrille de Jérusalem, St Ephrem, etc.), ce qui se confirma sans cesse (St Thomas d’Aquin, Conciles de Florence et bien sûr de Trente) jusqu’à nos jours. Mais qui se préoccupe des Saintes Particules si on communie dans la main ?

15/ Le Docteur Principal de l’Eglise, saint Thomas d’Aquin (III, Question 82, article 3) dit que pour recevoir ce Sacrement, rien ne peut entrer en contact avec lui s’il n’est lui-même consacré ; pour lui il faut consacrer non seulement la Patène, mais aussi la Coupe et aussi les mains du consacré pour qu’elles puissent Le toucher. D’où l’on peut déduire que personne d’autre n’est autorisé à Le toucher.

 

Question 82, article 3, conclusion : 3° Parce que, par respect pour ce sacrement, il n’est touché par rien qui ne soit consacré : c’est pourquoi le corporal et le calice sont consacrés, et semblablement les mains du prêtre sont consacrées pour toucher ce sacrement. Aussi personne d'autre n'a le droit de le toucher, sinon en cas de nécessité, par exemple si le sacrement tombait à terre, ou dans un autre cas de nécessité.


Position actuelle de l’Eglise sur la question de la Communion dans la main

 

 Il vient d’être démontré irréfutablement, tout au long de ces pages, que non seulement l’Eglise a depuis toujours préféré voir maintenue la pratique séculaire de la Communion dans la bouche et à genoux, mais que par ailleurs elle a inlassablement combattu, quitte, pour cela, à se voir confrontée aux pires pressions des lobbies progressistes ayant abouti jusqu’aux actes délibérés de désobéissance évoqués précédemment, cette pratique introduite frauduleusement et issue du calvinisme (niant la présence réelle) qu’est la communion debout et dans la main.

En  dépit des efforts continuels de l’Eglise depuis plus de 1600 ans, efforts manifestés dans les prises de position explicites des deux derniers papes, dont la pastorale de Benoit XVI, héroïque en effet au vu des endurcissements qu’elle rencontre, visant à l’éradiquer, les lobbies modernistes persistent au sein des paroisses ou de la toile internet, à saper l’autorité magistérielle, exploitant certains textes officiels nés des compromis ayant découlé de la rébellion contre sa volonté.

Ainsi la pastorale de Benoit XVI ira-t-elle jusqu’à ne plus donner la Sainte Communion que sur la langue et à genoux aux fidèles la recevant de lui et cela depuis l’année 2008.

Concernant les occasions où Benoit XVI, donnerait encore la communion dans la main, certains documents internet utilisés notamment sur des sites sédévacantistes où l'on peut le voir déposer l’hostie dans la main de la Reine d'Espagne le 7 novembre 2010, nous observons deux faits : la grande majorité des clichés authentiques sont antérieures à la nouvelle pastorale du Pape (2004, 2005, 2008). Des recherches de telles photos sur le net, n’ont donné aucun résultat sinon une majorité absolue de photos de Benoit XVI donnant la Communion non pas dans la main, mais bien dans la bouche.

Quant à Jean-Paul II, il écrivait dans la lettre Dominicae Cenae:

« Le fait de toucher les Espèces Sacrées, leur distribution en mains propres, est un privilège des Ordonnés” » (24 Février 1980). Et pour que personne ne puisse interpréter autrement ces paroles, plus tard, face aux caméras de la télévision française, il refusait la Communion dans la main à l’épouse du Président Giscard D’Estaing. La même année il déclarait à Fulda (Allemagne) qu’il n’était pas d’accord avec le Document qui autorisait dans ce pays une telle forme de Communier.


Nous avons vu précédemment, que l’Eglise et son Magistère, les Saints, les Pères et les docteurs de l’Eglise, depuis des siècles, d’une part condamnent la communion dans la main, d’autre part réaffirment sans cesse la volonté de maintenir la pratique de la communion dans la bouche et à genoux. Nous avons vu comment fût introduite cette pratique n’ayant aucune commune mesure avec une certaine pratique ancienne dont elle l’expurgeât de tout ce qui manifestait l’immense respect pour la Présence Réelle du Christ Hostie. A présent, voici comment Dieu Lui-même, face à l’endurcissement de son peuple à le lui refuser, a dû littéralement quémander cet amour par l’intermédiaire de celle qu’il nomma « disciple bien aimée de Son Sacré-Cœur ».

 

 

PARAY LE MONIAL

Où lorsque Dieu Lui-même se plaint de l’indifférence des hommes

 

« Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné jusqu’à épuiser et se consumer  pour leur témoigner son amour; et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris qu’ils ont pour moi dans ce Sacrement d’Amour»

 

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Première apparition de Jésus à Sainte Marguerite-Marie le 27 décembre 1673

 

La première apparition eut lieu le 27 décembre 1673, devant le Saint Sacrement. Jésus la fit d’abord reposer longuement sur sa poitrine et lui découvrit les merveilles de son amour et les secrets inexprimables de son Cœur, secrets tenus jusqu’alors cachés. Jésus lui dit, entre autres: “Mon divin Cœur est si passionné d’amour pour les hommes... que, ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité, il faut qu’il les répande par ton moyen et qu’il se manifeste à eux pour les enrichir de ses précieux trésors que je te découvre et qui contiennent les grâces sanctifiantes et salutaires pour les retirer de l’abîme de perdition.” C’est alors qu’eut lieu une grâce mystique excessivement rare: “...Après, Il me demanda mon cœur... et le mit dans le sien adorable, dans lequel Il me le fit voir comme un petit atome qui se consumait dans cette ardente fournaise, d’où, le retirant comme une flamme ardente en forme de cœur, Il le remit dans le lieu où Il l’avait pris, en me disant: voilà ma bien-aimée, un précieux gage de mon Amour qui renferme dans ton côté une étincelle de ses plus vives flammes, pour te servir de cœur et te consumer jusqu’au dernier moment... à présent, Je te donne le nom de la disciple bien-aimée de mon Sacré-Cœur.” 

 

La seconde grande manifestation du Cœur de Jésus eut lieu probablement au printemps de 1674. Marguerite-Marie écrit: “Le divin Cœur me fut présenté comme dans un trône de flammes, plus rayonnant qu’un soleil et transparent comme un cristal, avec cette plaie adorable. Il était environné d’une couronne d’épines qui signifiaient les piqûres que nos péchés Lui faisaient, et d’une croix au-dessus qui signifiait que, dès les premiers instants de son Incarnation, c’est-à-dire que ce Sacré-Cœur fût formé, la Croix y fut plantée, et Il fut rempli, dès ces premiers instants, de toutes ces amertumes qui devaient Lui causer les humiliations, pauvretés, douleurs et mépris que son humanité sacrée devait souffrir pendant tout le cours de sa vie et dans la sainte Passion... Il me fit voir que l’ardent désir qu’Il avait d’être aimé des hommes et de les retirer de la voie de perdition où Satan les précipite en foule, Lui avait fait former ce dessein de manifester son Cœur aux hommes, avec tous les trésors d’amour, de miséricorde, de grâces, de sanctification et de salut qu’Il contenait.”

Le Cœur de Dieu, il convient de l’honorer sous la figure du Cœur de chair du Seigneur. Jésus promit que là où l’image de son Cœur serait exposée pour être honorée, Il répandrait ses grâces, et Il indiqua “que cette dévotion était comme un dernier effort de son Amour qui voulait favoriser les hommes, en ces derniers siècles de cette rédemption amoureuse, pour les retirer de l’emprise de Satan  

 

Un peu plus tard, probablement en juillet 1674, alors que le Saint Sacrement était exposé, Jésus se manifesta de nouveau d’une manière éclatante. Marguerite- Marie raconte : “Jésus-Christ mon doux Maître, se présenta à moi, tout éclatant de gloire avec ses cinq plaies, brillantes comme cinq soleils, et de cette sacrée humanité sortaient des flammes de toutes parts, mais surtout de son adorable poitrine qui ressemblait à une fournaise; et s’étant ouvert, il me découvrit son tout aimant et tout aimable Cœur qui était la vive source de ces flammes. Ce fut alors qu’il me découvrit les merveilles inexplicables de son pur Amour, et jusqu’à quel excès il l’avait porté à aimer les hommes dont Il ne recevait que des ingratitudes et des méconnaissances.”  Le Sacré-Cœur ajoute ensuite quelques prescriptions pratiques:

"Tu communieras tous les premiers vendredis de chaque mois. Et toutes les nuits du jeudi au vendredi Je te ferai participer à cette mortelle tristesse que J’ai bien voulu sentir au jardin des Oliviers.”  

Ces consignes sont d’abord adressées à Marguerite-Marie, mais plus tard lui sera dévolue la tâche d’introduire dans l’Église ces deux exercices de piété en l’honneur de la Passion: la communion du premier vendredi du mois, et l’Heure Sainte dans la nuit du jeudi au vendredi.

Un an plus tard, entre le 13 et le 20 juin 1675, eut lieu la grande apparition, et probablement la révélation décisive. Découvrant son Cœur, Jésus lui dit:

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“Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné jusqu’à épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour; et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris qu’ils ont pour moi dans ce Sacrement d’amour. Mais ce qui m’est le plus sensible est que ce sont des cœurs qui me sont consacrés qui en usent ainsi. C’est pour cela que je te demande que le premier vendredi d’après l’octave du Saint-Sacrement soit dédié à une fête particulière pour honorer mon Cœur, en communiant ce jour-là, et en lui faisant une réparation d’honneur par une amende honorable, pour réparer les indignités qu’il a reçues pendant le temps qu’il a été exposé sur les autels.”  

 Les révélations du Sacré-Cœur continuent. Un jour, tandis qu’elle filait du chanvre dans une petite cour, elle est saisie par une nouvelle extase: “Je me sentis d’abord toute recueillie intérieurement et extérieurement, et me fut en même temps représenté l’aimable Cœur de mon adorable Jésus plus brillant qu’un soleil; Il était au milieu des flammes de son pur amour, environné de séraphins qui chantaient d’un concert admirable: l’amour triomphe, l’amour jouit, l’amour du Saint Cœur réjouit.

Et comme ces esprits bienheureux m’invitèrent de m’unir avec eux dans ces louanges de ce divin Cœur, je n’osais pas le faire, mais ils m’en reprirent et me dirent “qu’ils étaient venus afin de m’associer pour lui rendre un continuel hommage d’amour, d’adoration et de louange, et que pour cela, ils tiendraient ma place devant le Saint Sacrement, afin que je le puisse aimer sans discontinuation par leur entremise et que, de même ils participeraient à mon amour, souffrant en ma personne comme je jouirais en la leur...”  

Il était inévitable, dans ces conditions, que Marguerite-Marie comblée de telles grâces extraordinaires fût rapidement incomprise, et même persécutée, y compris par ceux-là mêmes qui auraient dû la soutenir et la conseiller. Mais le Seigneur lui avait promis, peu de temps après sa profession, qu’Il lui enverrait “un sien serviteur”, spécialement préparé, pour la rassurer dans sa voie. C’est au début de l’année 1675 que Claude de la Colombière, jeune jésuite de trente-quatre ans, est nommé supérieur de la Maison des jésuites de Paray-le-Monial. Dès qu’il se présente à la Visitation, Marguerite-Marie entend clairement ces paroles intimes: “Voici celui que Je t’envoie.”

Dans une communication plus personnelle, Jésus demande à Marguerite-Marie de l’accompagner chaque jeudi soir, durant une heure, pour participer à son agonie à Gethsémani. Il lui dit :

« C’est ici où j’ai le plus souffert qu’en tout le reste de ma Passion (...) ; il n’y a point de créature qui puisse comprendre la grandeur des tourments que je souffris alors. »

« J’ai soif, mais d’une soif si ardente d’être aimé des hommes au Saint-Sacrement, que cette soif me consume.»

Ste Marguerite-Marie Alacoque :

« Il m’a semblé voir cet aimable Cœur comme un soleil qui jetait ses rayons de toutes parts et sur chaque cœur, mais d’une manière bien différente selon les dispositionsmarguerite-marie-96-03.jpg de ceux sur lesquels ces rayons tombaient, car les âmes réprouvaient s’endurcissaient encore davantage, comme la boue s’endurcit aux rayons du soleil et, au contraire, le cœur des justes en devenait plus pur et se ramollissaient comme la cire. (Jena Ladame, La sainte de Paray, Ed Résiac, 1979, p 131)»

« Jésus-Christ se présenta à moi, tout éclatant de gloire avec ses cinq plaies, brillantes comme cinq soleils et de cette sacrée humanité sortaient des flammes de toutes parts, mais surtout de son adorable poitrine (...) s'étant ouverte [il] me découvrit son tout aimant et tout aimable cœur, qui était la vive source de ces flammes.

Ce fut alors qu'il me découvrit les merveilles inexplicables de son pur [amour] et jusqu'à quel excès il l'avait porté d'aimer les hommes dont il ne recevait que des ingratitudes et méconnaissances (...). Ils n'ont que des froideurs et des rebuts pour tous mes empressements à leur faire du bien. (page 180, Histoire doctrinale du culte au Cœur de Jésus, Bertrand de Margerie)

 

Il désire qu'en nous sanctifiant nous le glorifiions, ce Cœur tout amour, lequel a plus souffert que tout le reste de la sainte humanité de Notre Seigneur Jésus-Christ. Car, dès le moment de l'Incarnation, ce Cœur sacré a été changé en une mer d'amertume, souffrant dès ce premier instant jusqu’à son dernier soupir sur la Croix. Tout ce que cette sainte humanité a souffert dans le cruel supplice de la Croix, ce divin Cœur l'a ressenti continuellement et c'est pour cela que Dieu veut qu'il soit honoré par un hommage particulier, afin que les hommes lui fassent goûter autant de joie et de plaisir par leur amour et hommage qu'ils lui ont fait sentir d'amertume et d'angoisse par leurs peines!  (page 180, Histoire doctrinale du culte au Cœur de Jésus, Bertrand de Margerie)

Il m'a encore assuré qu'il prenait un singulier plaisir d'être honoré sous la figure de ce Cœur de chair, dont il voulait que l'image fût exposée en public afin de toucher le cœur insensible des hommes, me promettant qu'il répandrait avec abondance sur le cœur de tous ceux qui l'honoreront tous les trésors de grâces dont il

est rempli et que, partout où cette image serait exposée pour y être singulièrement honorée, elle y attirerait toutes sortes de bénédictions. (page 189, Histoire doctrinale du culte au Cœur de Jésus, Bertrand de Margerie)

II me fit voir que l'ardent désir qu'il avait d'être aimé des hommes et de les retirer de la voie de perdition, où Satan les précipite à foule, lui avait fait former ce dessein de manifester son Cœur aux hommes, avec tous les trésors de grâce, de sanctification et de salut qu'il contenait (...).Cette dévotion était comme un dernier effort de son amour qui voulait favoriser les hommes en ces derniers siècles de cette rédemption amoureuse pour les retirer de l'empire de Satan, lequel il prétendait ruiner pour nous mettre sous la douce liberté de l'empire de son amour.(page 189, Histoire doctrinale du culte au Cœur de Jésus, Bertrand de Margerie)

 

CONCLUSION

 

La relation, unique intime et personnelle  de chacun avec Dieu demeure une affaire privée, cela se passe entre le cœur des hommes et le Cœur Sacré de Jésus. Ainsi, ce document n’a-t-il pas  pour vocation de  juger les fidèles recevant la Sainte Communion dans la main, à fortiori ceux qui le font avec un profond respect,  mais de propager aussi largement que possible, avec autant d’arguments que possibles, cette dévotion.

A chacun donc appartient, en son âme et conscience, la décision de se laisser toucher par les rayons d’Amour de ce Cœur qui a tant aimé les hommes et de  Lui témoigner enfin SELON SA VOLONTÉ A LUI, tant pas son attitude intérieure qu’extérieure, la dévotion, l’amour, le respect et la révérence qui Lui sont dus.

Ces pages ont été réalisées afin que quiconque en aura pris connaissance, puisse se voir offrir, dans le secret d’un cœur à Cœur avec Dieu, décider de la façon dont il souhaite adorer le Saint Sacrement.

Quiconque ayant lu ces pages, n’ayant pour dessein que de faire connaître, aimer et adorer Jésus Eucharistie, ne pourra dire qu’il ne savait pas, qu’il n’avait pas pris connaissance des arguments exposés et témoignant, sans la moindre ambiguïté, de la volonté tout à la fois conjuguée et UNE de l’Eglise et de Dieu de voir Son Sacré-Cœur adoré, avec tous les égards et les formes de dévotion qui lui sont dus. En effet, nul ne pourra se défausser derrière une hiérarchie revêche à l’autorité de l’Eglise, car chacun au jour de son jugement, devra rendre compte pour lui-même (Rom :14,12)

Puisse notre Adorable Seigneur nous enseigner à L'aimer non pas comme nous voulons, ou comme nous en avons envie, mais comme IL veut être aimé, à l'adorer comme Il veut être adoré, c'est à dire comme l'Esprit Saint l'a enseigné à Son Eglise par ses saints docteurs et ses mystiques depuis près de 1600 ans, sans jamais nous lasser ni nous décourager des ruades de l'Adversaire, lequel œuvre sans relâche avec un zèle perfide à diminuer voire à détruire cette dévotion si particulière, dans le coeur des catholiques... Cette adoration à l'égard de cette petite hostie consacrée... toute petite chose QUI EST DIEU, le Dieu de l'univers visible et invisible !

 

 

Dossier mis en page pour islam-et-verite.com 

 

 http://saintespritdeverite.e-monsite.com/pages/eglise/communion-eucharistique/communion-dans-la-main.html

 

 

 

Sources utilisées :

http://www.amazon.fr/Un-Franciscain-chez-G%C3%A9r%C3%A9on-Goldmann/dp/2866794737/ref=la_B004MPXZIS_1_1?ie=UTF8&qid=1361822840&sr=1-1

http://catholiquedu.free.fr/ZIPA.htm

http://www.adoperp.com/adoration/saints/details_saints/Marg_marie2.html

http://www.santorosario.net/somme/tertia/82.htm

http://voiemystique.free.fr/theologie_du_coeur_de_jesus_16.htm

http://users.mmic.net/maranatha/communion.html

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=604559

 

Tag(s) : #Le Christ

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