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Et pourtant, que la France est belle…

Le numéro d’octobre de Causeur sort aujourd’hui !

Publié le 03 octobre 2013 à 8:00 dans MédiasPolitiqueSociété

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L’identité malheureuse (Seuil), le beau dernier essai d’Alain Finkielkraut, sort ces jours-ci. Pour honorer cette réflexion approfondie sur notre époque, Causeur a constitué un dossier entier autour d’un des symptômes du malaise français : la crise de l’identité nationale.

Dans le sillage de notre ami mécontemporain, Elisabeth Lévy annonce clairement la couleur : « si on parle abondamment du vivre-ensemble, c’est précisément parce que, dans les faits, on vit de plus en plus séparés ». Il faut croire que l’immigration n’est pas toujours une chance pour la France, ni même pour l’immigré, « dans le vrai monde, l’Autre, c’est parfois l’enfer », avance notre rédactrice en chef en guerre contre le multiculturalisme, non sans approuver le caractère multiethnique de nos sociétés. Mais, en ces temps de « déliaisons dangereuses », cela ne fait pas un nous. Que nenni, répond le journaliste Claude Askolovitch à Alain Finkielkraut dans son livre Nosmal-aimés, ces musulmans dont la France ne veut pas (Grasset), véritable road-movie à la rencontre de l’islam(isme) français. Interrogé dans nos colonnes, l’ancienne plume de L’Obs prend acte du pluralisme culturel de la société française, désormais « aussi musulmane » que chrétienne ou laïque. « Les musulmans, fussent-ils orthodoxes, font France et sont français » assène Asko, arguant que « la France n’est pas une histoire qui s’achève mais un mouvement ». Du coup, il fait feu sur le climat d’« islamophobie » rampante qui ne serait rien d’autre  qu’une « détestation de nous-mêmes ». Certes, la mutation identitaire en cours peut provoquer des angoisses légitimes, mais Asko appelle à raison garder pour ne pas perdre l’amour de l’Autre… Au sein de la rédaction, beaucoup aimeraient partager son optimisme mais le réel les rattrape parfois. Ainsi, Antoine Menusier a enquêté en plein cœur du 9-3, dans la ville bourgeoise du Raincy, jusqu’ici préservée des signes ostensibles de l’immigration, où s’est récemment installée une salle de sport réservée aux femmes. Géré par une entrepreneuse voilée et son mari barbu, l’établissement fait couler beaucoup d’encre et suscite la colère de la municipalité, vent debout contre ce possible ferment de communautarisme. Pas de quoi fouetter un chapelet ? L’anecdote ne fait en tout cas pas trembler Guy Sitbon,« islamophile » assumé qui renvoie amicalement Finkielkraut et Askolovitch dos à dos. Tous deux méconnaîtraient le pays réel musulman, oubliant que « L’ennemi numéro un, l’adversaire irréconciliable des islamistes, c’est l’islam de toujours, soit presque tous les musulmans ». Point de choc des civilisations mais une guerre à l’intérieur de l’islam : il y a fitna (discorde) en la demeure !

Abondant dans ce sens, Jean-Christophe Rufin, académicien français et ancien ambassadeur de France au Sénégal, répond également à Alain Finkielkraut, mettant au goût du jour le polythéisme des valeurs cher à Max Weber pour illustrer la plasticité des identités modernes : « le même que vous croiserez le vendredi dans un grand boubou vous rendra visite le lendemain dans un complet de coupe italienne (…) Que sont « ses valeurs ? Nous les impose-t-il le vendredi ? Ou faut-il plutôt lui reconnaître une dualité complète ? ». Zatize ze question… S’il y a un remède miracle pour renouer le lien national, Luc Rosenzweig l’appelle intégration. Conformément au modèle suivi par les israélites français en tête, ce long processus « suppose que chacun y mette du sien, l’intégrateur comme l’intégré potentiel ».

Y’a du boulot… Mais passons du turbin au tapin, à travers l’éditorial musclé d’Elisabeth Lévy en réaction à la proposition de loi socialiste (doublée d’une pétition du MJS !) visant à frapper les clients des prostituées au porte-monnaie. Chez ces soi-disant libertaires post-soixante-huitards, « ces préventions normatives sont devenues la marque de fabrique des fanatiques de toutes les libérations ». Notez que nous ne sommes jamais à un paradoxe près…

Il est certains brillants esprits qui n’en finissent pas de nous surprendre. Hubert Védrine, réputé chantre de la realpolitik, prend ses adversaires à revers. Au cours de l’entretien qu’il nous a accordé, l’ancien ministre des Affaires étrangères défend avec une grande finesse dialectique le principe d’une ingérence en Syrie pour dissuader l’usage des armes chimiques, et juge sans complaisance le bilan diplomatique du président Obama. Esprits pavloviens s’abstenir ! Quitte à passer du coq à l’âne, au fil de nos pages actualités, arrêtez-vous sur l’article fouillé de Xavier Bébin. D’après le président de l’Institut pour la Justice, le projet de loi Taubira supprimant les peines planchers équivaut à ouvrir grand les portes de nos prisons, démantelant au passage le système de suivi des condamnés. Misère, misè…re !

Comme un entremets réussi ne gâte jamais un repas copieux, il est vivement conseillé d’achever votre lecture par l’interview d’Edouard Limonov, qu’ont rencontré à Moscou Luc Richard et Jacques de Guillebon. Entre deux provocations, l’opposant à Poutine, fondateur du Parti National-Bolchévique, retire sa défroque de tchékiste et se révèle en anar décroissant. Du punk, du vrai…

Et évidemment, les incontournables que sont les journaux d’Alain Finkielkraut et Basile de Koch, suivis des carnets de Roland Jaccard et Philippe Muray, vous attendent bien  au chaud sous la couette. De quoi passer l’automne Causeur sous le bras !

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 Attention : la lecture du magazine en ligne (réservée aux abonnés) et des archives se fait désormais à partir de la pagewww.causeur.fr/magazine.

 


http://www.causeur.fr/finkielkraut-identite,24418#

Tag(s) : #Civilisat. Europ. Survie

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