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LES AMITIES PARTICULIERES ENTRE MEDIAS ET POLITIQUE (par Maurice D.)


François Hollande voudrait-il assurer ses arrières ? Il est en train d'arroser copieusement la Corrèze, département de loin le plus endetté de France (1500 € par habitant) après plusieurs années de gestion hollandaise catastrophique. La subvention se monte à 15,8 millions en 2012, autant en 2013, au titre de "département en difficulté". Et le Conseil général dont il fut le président en est fier ! Sinon pourquoi toujours en quasi-faillite et fier de l'être s'en enorgueillirait-il sur son site internet, si ce n'est pour montrer aux corréziens que leur ex-président ne les oublie pas et qu'en retour ils ne doivent pas l'oublier "au cas où" ?

La presse n'en dit rien, excepté Valeurs Actuelles qui minimise la chose à 12,3 millions. On ne se dénonce pas entre amis...

C'est que ça couche dur entre journalistes (femmes) et hommes politiques, comme le révèle l'Observatoire des journalistes et de l'information médiatique (Ojim). "Et si ces deux professions n'en formaient plus qu'une seule ?", s'interroge l'Ojim.

Autrefois, et cet "autrefois" remonte à plus d'un demi siècle, le ou la journaliste était redouté des politiciens. Aujourd'hui c'est sur internet qu'il faut compter pour apprendre la vérité, malgré la pression de plus en plus forte qui s'exerce sur les blogs par des moyens quelque peu sournois comme, par exemple, des perturbations incompréhensibles du fonctionnement des sites dont une partie des lecteurs ne reçoit plus subitement les messages, ce qui oblige les responsables du blog à de coûteuses et lassantes reconstitutions du fichier des abonnés. Minurne a souvent été victimes de ces manœuvres. Mais il y a aussi les coups de téléphone anonymes à répétition chez les rédacteurs, les menaces voilées ou insinuations calomnieuses dans la presse sous influence qui évoque des odeurs "nauséabondes", etc.

Il y a aussi des officines comme Mediapart qui se revendiquent "indépendantes", mais dont il n'est pas difficile de retrouver la source quand on connaît l'origine très stalinienne ou maoïste de ceux qui y travaillent sous l'autorité de l'ex-communiste Edwy Plenel, dont la complicité professionnelle avec les journalistes de Canal + et des chaînes publiques est évidente. Qu'on se rassure pour lui, ce n'est pas en ennemi qu'il y est invité aussi souvent.

C'est L'Express qui le premier a organisé de façon systématique cette complicité entre journaleuses et politicards, dans les années 1960. Il était à l'époque dirigé par Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud qui avaient eu l'idée très intelligente et très rentable de recruter des jeunes filles journalistes, dont la plastique comptait autant sinon plus que la compétence, pour aller interviewer les politiciens, souvent des hommes âgés tentés par le démon de midi. Mais c'est peut-être Mitterrand qu'il faudrait créditer de l'invention du système.

François de Grossouve, qui fut suicidé à l'Elysée (Eric Reynaud, Suicide d'Etat à l'Elysée), racontait comment François le chargeait chaque soir de tournée électorale puis présidentielle  de trouver et de ramener la jeune journaliste la plus susceptible de céder à son charme verbal puis sexuel et comment, à la fin de sa vie, il était chargé aussi de passer par la pharmacie pour acheter quelques aphrodisiaques afin de suppléer à la virilité défaillante du président.

De nos jours tout cela continue avec Hollande, qui a carrément installé dans son lit une journaliste de Paris-Match.

Catherine Nay, maintenant "de droite", fit partie de l'équipe de séductrices de Françoise Giroud et eut à son tableau de chasse Albin Chalandon, de même que, raconte Renaud Revel (Les Amazones de la République), Michèle Cota fit passer tant d'hommes politiques dans ses bras "qu'un livre ne suffirait pas" à les lister ! L'Ojim raconte "la gêne des observateurs avertis quand elle anima le débat télévisé du 24 avril 1988 entre François Mitterrand et Jacques Chirac, deux hommes qu’elle avait « très bien connus » par le passé, ce qui lui donnait un rôle d'arbitre « assez insolite »…"

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Journalistes et hommes politiques se connaissent bien : ils font partie de la même grande bourgeoisie "bobo" et ont fréquenté les mêmes écoles. Souvent ils ont déjà couché ensemble étudiants, ce qui facilite évidemment les retrouvailles quand ils se retrouvent dans la vie professionnelle.

Jean Quatremer (Sexes, mensonges et médias) constate la fusion intime entre professionnels de la politique et du journalisme : tous passent par Sciences Po, école de la pensée unique, du conformisme intellectuel et de la bienpensance, tous ou presque sont issus de la grande bourgeoisie urbaine, plus ou moins socialiste et libérale-libertaire.

Jean-François Kahn, constatait dans Marianne que tous "dans leur immense majorité, sont issus du même milieu, formés à la même école, fréquentent les mêmes espaces, porteurs des mêmes valeurs, imprégnés du même discours, façonnés par la même idéologie, structurés par les mêmes références… un mélange de ralliement pan-capitalisme mondialisé et de pulsions néo-soixante-huitardes syncrétisées en rhétorique de la modernité".

La proximité sociale, culturelle, idéologique qui caractérise les couples homme-politique plus femme-journaliste semble évidente, comme l'influence réciproque qu'ils ont les uns ou les unes sur les autres.

Vincent Peillon (Éducation nationale), frère d'Antoine Peillon de La Croix vit avec Nathalie Bensahel du Nouvel Observateur après avoir été à Libération ;

Michel Sapin (l'un des nombreux ministres de l'Économie) vit avec Valérie de Senneville du quotidien économique Les Échos ;

Audrey Pulvar, qui fut la compagne de Montebourg (l'un des nombreux ministres de l'Économie), est très proche de la "boite à idées" socialiste Terra Nova dont le fondateur était Olivier Ferrand, ami intime d'Arnaud Montebourg. Elle préside maintenant au sein de Terra Nova la commission "Le rôle de l'État sur le marché des médias", après avoir dirigé Les Inrockuptibles de Mathieu Pigasse, vice-président de la Banque Lazard (connue comme la banque des socialistes et du grand capital réunis). La banque Lazard fut d'ailleurs choisie par Ayrault, à l'initiative de Montebourg, pour conseiller le gouvernement sur la création de la Banque Publique d'Investissement où Ségolène Royal a été recasée comme vice-président par son ex-amant François Hollande. Ouf !

L'imbrication étroite de politique socialiste, de fric, de journalisme et de finance nationale ou internationale décrite ci-dessus est l'un des meilleurs exemples des conflits d'intérêts qui pourrissent le parti socialiste et la politique en France.

L'Ojim souligne qu'à droite, ce n'est guère mieux. Là aussi on a fréquenté Sciences Po, l'ENA, couchaillé ensemble, subi le même lavage de cerveau de la pensée unique, du conformisme intellectuel et de la bienpensance.

Une grande différence toutefois avec la gauche bourgeoise bobo : la plupart des quinze ministres du gouvernement Sarkozy et des leaders de la droite étaient issus de milieux modestes. Sarkozy lui-même, fils et petit-fils d'immigrés en tous genres ; Jupé, fils de paysan ; Dati, ex-caissière et aide-soignante ; Borloo, fils de coursier ; Morano, fille de chauffeur de poids lourd ; Henri Gaino, fils de femme de ménage, etc.

Côté femmes journalistes, on a de délicieux frissons à s'encanailler en couchant avec la droite : Marie Drucker fut avec François Baroin qui pour elle avait quitté une autre journaliste, Valérie Broquisse de LCI. Une Marie Drucker qui collectionne les hommes riches et de pouvoir et quitta un temps Baroin pour Mathieu Pigasse, des Inrockuptibles et de la Banque socialo-capitaliste Lazard.

Daniela Lumbroso est avec Éric Ghebali, ex-secrétaire général de SOS Racisme et de l'UEJF, Union des Etudiants Juifs de France, co-fondateur de Globe et de Courrier international, ex-membre du Conseil national du PS, entremetteur de François Hollande avec le milieu artistique (L'Express 7 mai 2012).

Passons sur le cas bien connu d'Anne Sinclair, symbole de la gauche caviar version bling-bling, dont le DSK, bien connu lui aussi, s'est remis en ménage avec Myriam Laouffir, "responsable communication" à France-Télévision.

Et Cœtera, les exemples de couples politique-presse sont innombrables !

Pour l'Ojim, ces liaisons malsaines sur le plan de la morale démocratique et de la déontologie journalistique "montrent une véritable endogamie, c'est à dire « le choix prioritaire de son époux ou de son épouse, de son compagnon ou de sa compagne au sein d’un même groupe ». Cette endogamie est révélatrice de l'extrême proximité qui caractérise désormais le « haut journalisme parisien » et la classe politique. Loin d'être un contre pouvoir, le monde médiatique fait désormais partie intégrante du pouvoir par tout un écheveau de relations croisées."

"Face à la multiplication de ces liaisons amoureuses, la question qui se pose est évidemment de savoir dans quelle mesure une journaliste vivant avec un ministre ou un chef de parti peut travailler de façon impartiale et crédible. La réponse est malheureusement évidente".

La presse française dans sa grande majorité a cessé d'être un contre-pouvoir pour devenir un organe de propagande de l'autoproclamée élite politique du pays.

Maurice D.

 

http://www.minurne.fr/les-amities-particulieres-entre-medias-et-politique-par-maurice-d

Tag(s) : #FAMILLES & Médias

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