Devant la paralysie du processus de ratification de la Convention-cadre sur la protection des minorités nationales et l’absence persistante d’accord culturel entre Communauté flamande et Communauté française, l’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre(APFF) s’est tournée vers l’ONU. La plainte est à l’examen mais la confidentialité de la procédure empêche l’association de prendre connaissance de la réponse de l’Etat belge.

«À ce jour, nous n’avons aucune idée des arguments développés par la Belgique. Nous ne pouvons donc pas y répondre», a expliqué Emilie Fonck à l’occasion du Forum à Genève. À ses yeux, cette confidentialité est «contre-productive». «C’est en étant pointée du doigt par l’opinion publique internationale que la Flandre bougera», a-t-elle ajouté.

La réunion internationale a permis à la représentante de rappeler la situation des francophones en Flandre, en insistant sur le rapport que fit la déléguée du Conseil de l’Europe, Lili Nabholz, lors de sa visite en 2002. Y étaient recommandées la ratification de la Convention et la conclusion d’un accord culturel.

 

«Où en sommes-nous dix ans plus tard? Nulle part! La situation est complètement bloquée. La Flandre ne veut pas entendre parler de minorité francophone sur son territoire. Elle a même écrit noir sur blanc dans son accord de gouvernement qu’elle s’engageait à ne pas ratifier la convention sur les minorités».

La participation de l’APFF revêt aux yeux de l’association une dimension symbolique importante. «Ce forum nous permet de rencontrer les représentants des Nations Unies qui s’occupent du sort des minorités et les délégués d’autres pays. Il nous permet aussi d’exister en tant que minorité alors que, d’habitude, on ne tient pas compte de nous», a souligné le président de l’association, Edgar Fonck.

Ces dix dernières années, la situation de cette minorité francophone -que l’APFF estime à quelque 300.000 personnes- n’a cessé de se détériorer, juge M. Fonck. L’essor récent de la N-VA n’a pas amélioré les choses.

«La position de la N-VA a énormément d’influence. Les francophones en Flandre se disent que la cause est perdue et personne en Belgique ne prend notre défense alors que certains, même en Flandre, pourraient le faire. Le poids de la N-VA ne va pas encourager les partis flamands à défendre notre cause: elle est le maître du jeu et n’offre aucune ouverture».

 

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