Elle s’appelle Marie-Neige. Marie comme la maman de Jésus. Neige aux couleurs du royaume de France. Elle s’appelle Marie-Neige et travaille comme libraire à Le Bourget, commune de la Seine-Saint-Denis. Cette promotrice de la culture française a déjà été victime de 33 agressions (pour le moins !) en l’espace de quatre ans seulement. Il s’agit d’agressions de tout genre, les unes plus violentes, plus basses que les autres. La bassesse des agresseurs est aussi celle de la police qui n’a jamais daigné réagir aux multiples dépositions qui lui avaient été adressées. Mais cette bassesse est aussi celle, d’une manière plus générale, du système en tant que tel, traîtres et fantoches à sa tête . M. Vincent Capo-Canellas, maire du Bourget, se réfugie lui aussi dans le silence, choisissant de collaborer avec une racaille sans nom plutôt que de prendre un engagement qui pourrait lui coûter sa place. Sa position reflète celle de la plupart des dirigeants français qui ne veulent pas comprendre que le sort de Marie-Neige Sardin pourrait devenir une généralité concernant aussi bien leurs femmes que leurs enfants.

Au bout de quatre ans de lutte, la libraire du Bourget a pris une décision que peu d’entre nous auraient osé prendre. Elle a entamé une grève de la faim tout en continuant à exercer ses fonctions et à combattre un système aussi veule qu’injuste. C’est une femme relativement affaiblie mais toujours incroyablement ferme que j’ai eu l’honneur d’avoir au téléphone. Voici son témoignage.

 

LVdlR. Comment expliquez-vous l’inertie et le mutisme de la police dans votre cas ?

Marie-Neige Sardin. J’explique ce mutisme à la fois de la police mais également des élus locaux par un choix bien défini. C’est-à-dire qu’ils ont choisi de ne pas faire besogne, de ne pas créer de tensions sociales, car il est plus facile de faire un déni de victimes qui se limite à une seule personne, de façon à la décourager pour qu’elle renonce à son initiative et qu’une certaine paix sociale soit conservée. En somme, c’est un choix politique.

LVdlR. Vous avez été agressée aussi bien par des drogués que par des personnes issues de l’immigration qui vous cherchaient noise pour des raisons ethniques. Partant de ce dernier fait, croyez-vous avoir été victime de ce qu’on appelle communément le racisme anti-Français (anti-blanc) ?

Marie-Neige Sardin. En effet, c’est un racisme anti-blanc caractérisé. Comment puis-je le confirmer ? Déjà, par les propos qui me sont tenus et qui sont toujours très excessifs. Ensuite, suivant ce que je mets en vitrine – par exemple, si j’ose mettre des saints, des chevaliers, des templiers – systématiquement, on me demande pourquoi ai-je mis des choses racistes. Alors forcément, comme je suis très provocatrice dans le fond, je leur dis : « Ah bon, il y a des choses racistes dans la vitrine, montrez-moi donc lesquelles ?! ». Cela, de façon à essayer de nouer un certain dialogue, de voir ce qu’ils ont au fond d’eux-mêmes. Et quand je me heurte à de telles réactions, je leur explique que ce que j’expose n’est en aucun cas raciste, que cela correspond à une culture, concrètement, à la culture d’un pays dans lequel ils vivent ou dans lequel ils viennent d’arriver et que donc cela n’a rien de raciste puisque ce pays les accueille.

LVdlR. Bien sûr, comment peut-on renier son histoire ! …. Mais Mme. Sardin, croyez-vous que ces individus vous ont personnellement prise en grippe à cause de vos choix d’exposition ou simplement sur le fait que vous soyez libraire, donc, promotrice d’une culture qui leur est étrangère et antipathique ?

Marie-Neige Sardin. Ils me poursuivent sur deux choses. D’abord, sur le fait que je suis une femme et que j’ose tenir tête. Il faut savoir que pour eux, la femme, ce n’est pas grand-chose. Mais quand en plus elle essaye d’imposer des normes dont ils ne veulent absolument pas, ça ne passe plus du tout. Pour eux, je suis la dernière borne. La dernière personne, voire la dernière « emmerdeuse » qui va leur rappeler à la fois que la bienséance et le bien-vivre ensemble ne passent pas par les règles qu’ils veulent m’imposer, et surtout, je leur ai toujours bien fait comprendre que la porte était ouverte à toutes les cultures mais qu’aucune n’avait le droit de m’être imposée. Je pense que c’est cette approche qui leur est insupportable, parce que je le dis haut, fort et clairement, sans haine, sans a priori, comme un fait objectif. Quand je leur explique qu’il est anormal que chez moi je ne puisse plus trouver un rôti de porc, que je ne puisse plus manger les saucisses que j’aime, que je ne trouve plus ma nourriture de base qui est celle de mon enfance, à savoir, par exemple, si je veux manger une tranche de jambon-purée, ce qu’on donne aux bébés, je transpose le problème en disant : « Si toi, dans ton pays, tu ne trouvais plus jamais de halal, est-ce que tu l’accepterais ? ». Donc, les mettant devant ces controverses, je m’attire leurs foudres.

LVdlR. Vous ne mangez pas depuis combien de jours ?

Marie-Neige Sardin. J’ai arrêté le 17 juin.

LVdlR. Votre état de santé est en pleine dégradation, je suppose …

Marie-Neige Sardin. J’ai encore, d’après ce que dit le médecin, une dizaine de jours devant moi, parce que j’ai une réserve graisseuse qui était assez importante. C’est vrai que ça me permet de tenir un petit peu plus longtemps, mais après, au-delà de ces 13-14-15 jours, il est vrai que ça sera de plus en plus difficile … Je ne dis pas que c’est simple maintenant, je suis à – 7 kg, mais j’arrive encore à tenir via le sucre, le café et le thé, pour l’instant ça suffit …

LVdlR. Est-ce que les forces de l’ordre, à savoir la police, ont réagi à votre désespoir et au danger physique auquel vous vous exposez ? Persistent-ils dans leur déni de la réalité ?

Marie-Neige Sardin. Oui, pour l’instant dans la ligne du déni, c’est-à-dire qu’il n’y a eu aucun contact, aucune prise de position du maire. Beaucoup de gens ont essayé de l’alerter en envoyant des mails, en passant des coups de fil. Néanmoins, il n’a toujours pas daigné prendre position. Au niveau de la police nationale, aucune réaction non plus. Il n’y a que ce matin où j’ai eu le passage de deux jeunes femmes de la police municipale mais il faut dire que l’une d’elles m’a toujours été proche. Même suite à la dernière agression que j’ai subie, elle est venue me défendre non pas sur ordre, mais simplement parce qu’elle avait vu mon appel et a décidé d’intervenir de son propre chef.

LVdlR. Mme Sardin, nous sommes tous avec vous, moi et mes collègues de la Voix de la Russie. Toutes nos pensées vont vers vous. Courage et à bientôt.

 

Quand dans certaines communes la vie n’est plus qu’un stratagème et qu’il faut renier tout ce qu’on aime en tant que Français, par simple et pure définition, peut-être est-il temps de se révolter. Seule, Marie-Neige n’y parviendra pas. Laissera-t-on mourir cette enfant de France qui est notre sœur de par l’histoire commune que nous avons et les valeurs que nous partageons ?