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‎"Selon le « bal des faux-culs », on peut donc occuper une église à des fins politiques et au nom de la « liberté d’expression », mais en aucun cas le toit d’une mosquée… Un poids deux mesures ?

Au fait… le « bal des faux-culs » était-il en émoi, lorsqu’un groupe de rap avait grimpé sur le toit d’une église de Nice pour y hisser un drapeau algérien (comportant un croissant islamique) ? (Voir le clip). La gauche a-t-elle réclamé unanimement la dissolution de ce groupe ou a-t-elle considéré que leur provocation entrait dans le cadre de la merveilleuse « liberté artistique » ?"

Mosquée de Poitiers : «Le bal des faux-culs» !

Tribune libre de Paul Ohlott*

Lorsque Jean-Marc Morandini avait écrit, en 2004, un livre sur « le bal des faux-culs », c’était essentiellement pour dénoncer les coulisses de la « télé marchande », véritable « machine à fric »… Malheureusement, en 2012, force est de constater que les « faux-culs » règnent toujours au sein du petit monde politico-médiatique.

Souvenez-vous du feuilleton judiciaire des « Pussy Riot ». Les faits se déroulent le 21 février dernier, en Russie . Un groupe de punk entre dans une cathédrale moscovite, l’occupe sans autorisation, et entonne un chant anti-Poutine. «Elles ont d’abord été dans l’église Elokhovskaya et se sont livrées à un véritable sabbat, puis elles ont été dans une autre église pour se livrer à un nouveau sabbat. (…) L’État a l’obligation de protéger les sentiments des croyants», avait alors réagi le président russe.

Au mois d’août, la justice russe a condamné les trois chanteuses à deux ans d’enfermement. C’est alors que les médias et politiques occidentaux se sont unanimement indignés contre la décision de justice, tout en omettant de s’indigner du fait que ces femmes avaient envahi une cathédrale (pas juste le toit) à des fins politiques.

À l’échelle internationale, le département d’État américain avait dénoncé un verdict « disproportionné » et s’est dit « préoccupé » par « l’impact négatif sur la liberté d’expression en Russie »…». De son côté, la chef de la diplomatie de l’Union européenne, Catherine Ashton, avait déclarée que « les charges de hooliganisme et de haine religieuse ne doivent pas être utilisées pour limiter la liberté d’expression »

Bien entendu, en France, la caste politico-médiatique était sur la même longueur d’onde. À titre d’exemple,Vincent Jauvert, journaliste au Nouvel Obs, a écrit un billet d’humeur (1) dans lequel il ne condamne absolument pas l’occupation d’une église préférant condamner la justice russe : «Le jugement, qui vient d’être prononcé à l’encontre des trois jeunes femmes du groupe « Pussy Riot », est terrible, inique. Comment va réagir la patrie des Droits de l’Homme ? Par l’expression de « sérieuses inquiétudes » ? (…) Ou beaucoup plus fermement, par des sanctions ?». Pour l’AFP, dont la dépêche a été reprise parLibération (2), il n’y a rien à redire non plus sur l’occupation de la cathédrale, et il s’agit simplement d’une affaire qui a «eu un grand retentissement, suscitant de nombreuses critiques d’une condamnation jugée disproportionnée par rapport aux faits reprochés»…

Par ailleurs, on se souvient que Cécile Duflot, Ministre du Logement et de l’Egalité des territoires, avait enfilé une cagoule… à Poitiers (lors des journées d’été des écologistes) pour soutenir les Pussy Riot (3)… Suivant son exemple, d’autres leaders écologistes s’étaient également prêtés au jeu… Aucun d’eux n’a semblé choqué et n’a pris soin de condamner l’occupation d’une église à des fins politiques ! Aurélie Filippetti, la ministre de la culture, avait pour sa part appelé les autorités russes à respecter le «principe de liberté sans lequel aucune création n’est possible», précisant encore : «Ce qui leur est reproché est ni plus ni moins d’avoir librement exercé leur art (…) À travers elles, c’est la liberté de création des artistes qui est mise en accusation (…) De tout temps, la création a connu une indispensable dimension provocatrice. La liberté de création est aussi la liberté de critiquer le pouvoir en place. C’est la force d’une démocratie que de savoir accepter cette licence artistique et de protéger les artistes qui l’exercent…» (4). Elle aussi, visiblement, considère qu’il est normal qu’une église puisse être ainsi occupée à des fins politiques…

La machine politico-médiatique était unanime… envahir une cathédrale à des fins politiques relève de la «liberté d’expression» et de la « liberté artistique», et il n’y a pas à s’émouvoir qu’une église ait pu être ainsi occupée… Soit ! En toute logique, nous devrions donc trouver des réactions similaires concernant l’occupation pacifique du toit d’une mosquée en construction, par le mouvement des « identitaires » dont l’opération avait pour principal objectif de réclamer un référendum sur l’immigration et la construction de mosquées en France.

Qu’en est-il ? Petite revue de presse :

. «Une action qui a suscité l’indignation du gouvernement et du CFCM qui a jugé l’événement sans précédent, alors la gauche a demandé la dissolution du ce groupe (…) Une enquête a été ouverte par le procureur de la République de Poitiers pour « manifestation non autorisée, provocation à la haine raciale, participation à un groupement en vue de la préparation de dégradation de biens en réunion ». La qualification de « vol et dégradation en réunion » est également retenue notamment concernant une dizaine de tapis de prière déplacés de la mosquée sur le toit et très fortement endommagés par la pluie. (…) Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a « condamné » l’envahissement par des militants d’extrême-droite. De son côté, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a dénoncé « la provocation haineuse et inadmissible » et « les amalgames douteux » d’un groupe d’extrême-droite. M. Valls « garantit que l’État fera preuve de la plus grande fermeté face aux manifestations d’intolérance qui déchirent le pacte social », précise dans un communiqué le ministère de l’Intérieur. Le président de l’Observatoire contre l’islamophobie au Conseil français du culte musulman (CFCM), Abdallah Zekri, a condamné dans un communiqué « ce coup de force pratiqué par des extrémistes venus de toute la France pour prêcher encore une fois la haine anti-islam »« Cette occupation grave, sauvage et illégale, accompagnée de slogans hostiles à l’islam et aux musulmans, est sans précédent dans l’histoire de notre pays », a estimé le CFCM dans un communiqué, craignant que « notre vivre ensemble et notre cohésion nationale »soit mis à mal « par l’incitation à la haine et à la division » (Le Parisien/AFP)

. « Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a dénoncé « la provocation haineuse et inadmissible » et « les amalgames douteux » de ce groupe. Le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé tout comme le président du Parti radical Jean-Louis Borloo ont également condamné cette occupationA gauche, le nouveau premier secrétaire du PS, Harlem Désir, le PCF et Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche (PG) sont allés plus loin, exigeant la dissolution des « groupes impliqués » dans cette actionEurope Ecologie-Les Verts « condamne fermement »l’occupation et « rappelle la réalité de notre pays, multiculturelle et métissée »». (Le Nouvel Observateur/ AFP)

« Dans le centre de la France, à Poitiers, une mosquée en construction a été occupée pendant plusieurs heures, ce samedi 20 octobre 2012, par des militants d’extrême droite, lors d’une manifestation sans précédent qualifiée de « provocation haineuse » par le gouvernement. La communauté musulmane est indignée » (RFI)

« Mosquée de Poitiers : provocation lamentable et pleine de fiel. Le chantier de la future mosquée de Poitiers a été envahi ce samedi par un groupe se réclamant de l’extrême droite, Génération identitaire. Cette provocation stupide et pleine de fiel est inacceptableCe groupuscule doit être dissous et ses responsables poursuivis pour provocation à la haine raciale » (PCF)

« Occupation de la mosquée de Poitiers, une atteinte grave à la liberté de culte musulman.(…) Face à cette nouvelle atteinte grave et manifeste contre un lieu de culte et à l’encontre de fidèles, empêchés de célébrer la prière du matin, les fédérations musulmanes de France expriment leur vive condamnation et leur profonde inquiétude devant une recrudescence d’actes haineux et islamophobes. Les nombreuses déclarations de certains hommes politiques, instrumentalisant la peur de l’islam, de façon irresponsable, creusent le lit d’une stigmatisation injustifiée de la communauté musulmane et mettent aujourd’hui en péril la paix, la justice et la sérénité dans notre pays. » (Communiqué rédigé par la Grande Mosquée de Paris, l’UOIF et le CCMTF).

Autrement dit, selon le « bal des faux-culs », on peut donc occuper une église à des fins politiques et au nom de la « liberté d’expression », mais en aucun cas le toit d’une mosquée… Un poids deux mesures ?

Au fait… le « bal des faux-culs » était-il en émoi, lorsqu’un groupe de rap avait grimpé sur le toit d’une église de Nice pour y hisser un drapeau algérien (comportant un croissant islamique) ? (Voir le clip). La gauche a-t-elle réclamé unanimement la dissolution de ce groupe ou a-t-elle considéré que leur provocation entrait dans le cadre de la merveilleuse « liberté artistique » ?

*Paul Ohlott est journaliste et fondateur site Actu-chretienne.net.

1. http://globe.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/08/17/pussy-riot-que-va-dire-la-france.html
2. http://www.liberation.fr/monde/2012/10/19/la-pussy-riot-liberee-saisit-la-cour-europeenne-des-droits-de-l-homme_854427
3. http://www.franceinfo.fr/politique/pussy-riot-cecile-duflot-enfile-une-cagoule-en-soutien-715059-2012-08-23
4. http://www.liberation.fr/politiques/2012/08/09/proces-des-pussy-riot-preoccupation-d-aurelie-filippetti_838801

 

http://www.ndf.fr/identite/22-10-2012/mosquee-de-poitiers-le-bal-des-faux-culs

 

Tag(s) : #Christianophobie

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