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Si la proposition de Marine Le Pen d'interdire le voile et la kippa dans la rue était critiquable, la réponse que Manuel Valls, a cru devoir lui apporter, a été proprement effarante et indigne de tout républicain qui se respecte. S'exprimant à la Grande Synagogue de Paris, le ministre de l'intérieur a encouragé l'ensemble des juifs de France à "porter avec fierté leur kippa", kippa dont il était lui-même coiffé. Qu'un socialiste critique une proposition du Front National, c'est de bonne guerre. Mais que par démagogie et facilité il encourage des comportements communautaristes, voilà qui est inadmissible. 

 

L'interdiction du voile et de la kippa (auxquels pourrait s'adjoindre le turban sikh) est en réalité inapplicable. En résulterait une crise intérieure grave qui profiterait aux communautaristes de tout poil, et affaiblirait gravement la nation française. Voilà ce que l'on aurait, plutôt, pu répondre à Marine Le Pen. 

 

 

La pratique religieuse reléguée au privé: une vieille tradition française

 

Entre les menaces d'interdiction, et la complaisance électoralisme, il existe un juste milieu, qui est celui de la République. Puisque Manuel Valls fait mine de le méconnaitre, attelons-nous à le lui rapeller. 

La République française est un régime universaliste, laïc et unitaire. Cela signifie que l'ensemble de ses enfants forme une communauté de citoyens égaux. Comme la France a été déchirée par les guerres de religion, comme elle abrite des gens de toute croyance, il a été décidé de reléguer la religion au cadre privé. Cela permet à l'ensemble des Français, chrétiens, juifs, musulmans, ou autres, de vivre ensemble sans être séparés par des querelles culturelles ou théologiques. 

 

La République décourage toute manifestation ostensible d'appartenance à la religion. Non point par hostilité à cette dernière, mais parce que dans l'espace public, il est préférable d'afficher ce qui rassemble, et non ce qui divise - et en France, historiquement, la religion a souvent été facteur de division. Personne n'a oublié les massacres des guerres entre protestants et catholiques... 

 

Simplement, la République française est aussi un pays de tolérance. Face au conservatisme, elle s'est imposée certaines limites. Les règles républicaines ne s'imposent pas toujours par la force. En l'occurence, le port du voile, ou de la kippa, ou d'un quelconque turban, relèvent de la liberté individuelle. Ils sont donc autorisés. Autorisés, mais pas encouragés. Et c'est toute cette distinction que Manuel Vals n'a pas compris: un ministre de la République doit défendre la liberté de chaque citoyen, mais il n'a pas à les encourager à afficher, en public, des symboles religieux communautaristes.

 

Les juifs ont le droit de porter la kippa, les musulmanes ont le droit de porter le voile. Mais un ministre ne doit pas les encourager à les porter "avec fierté". 

Il devrait, au contraire, encourager ceux et celles qui ne les portent pas, malgré la pression de leurs communautés, et restent dans un schéma d'assimilation républicaine traditionnel. 

D'ailleurs, n'aurait-on pas hurlé au communautarisme, si Manuel Vals, dans une mosquée, embelli d'une longue barbe, avait encouragé les musulmanes à afficher fièrement leurs voiles ou, pourquoi pas, leurs burkas? 

 

 

Manuels Valls, multirécidiviste du communautarisme

 

Notre ministre de l'intérieur n'en est pas à son coup d'essai. Au cours de la campagne présidentielle, déjà, il s'était déclaré lié, "par sa femme", à Israel , "de manière éternelle". Une très dangereuse confusion, donc, entre les Français juifs, et un pays étranger. Être amoureux d'une femme juive ne crée pas de lien obligatoire envers Israel, de même qu'être amoureux d'une musulmane n'entraine pas une attirance subite pour le Qatar. 

Une semaine avant son plaidoyer pour la kippa, Manuel Valls avait pris la défense d'une tradition cruelle, la corrida. Il en avait le droit. Mais, au lieu d'invoquer la tradition, ou des raisons pratiques, le ministre de la République fit appel à... ses origines espagnoles! Depuis quand les origines familiales, étrangères, d'un ministre français doivent-elles influencer sa politique?

 

Ainsi démontre-t-on la papelardise d'un Manuels Valls qui, du reste, se présente régulièrement comme un républicain et laïciste sévère. L'affaire des kippas est le dernier acte d'une triste comédie dont le comédien principal aura fini par faire allégeance au communautarisme, alors même qu'il prétendait vouloir le combattre. 

 

 

Juifs ou musulmans? Lesquels seront en premier victime de Manuel Valls?

 

Paradoxalement, la sortie du ministre de l'intérieur, et plus généralement son communautarisme, risquent de faire bien plus de mal aux musulmans, et aux juifs, que n'importe quelle idée de Marine Le Pen. Loin de raccoiser les esprits, Manuel Valls a soufflé sur les braises de tensions communautaires déjà bien fortes dans notre pays. 

 

Dès lors qu'un ministre s'éloigne de la neutralité totale qu'il doit entretenir vis-à-vis des religions, c'est l'ensemble des groupes religieux du pays qu'il met en danger, en brisant un très fragile équilibre...

 

Les musulmans, tout d'abord, ressentent très mal le "deux poids, deux mesures" que leur applique le ministre. Pourquoi défendre la kippa, quand on ne défend pas le voile? Pourquoi se prosterner devant les communautaristes du CRIF, quand on villipendie les communautaristes islamistes? 

L'attitude du ministre de l'intérieur renforce bien évidemment le malaise des Français musulmans et pourrait les pousser droit dans les bras des fondamentalistes. 

 

Mais les juifs risquent peut-être plus gros encore. En encourageant le port de la kippa, le ministre semble vouloir les pousser à se distinguer des autres citoyens. Pire, son "deux poids, deux mesures" risque de renforcer l'hostilité d'autres "communautés" à l'égard des juifs, et faire monter un antisémitisme de frustration particulièrement violent. Les victimes pourraient bien être les Français juifs, soummis tout à la fois aux pressions de certains communautaristes, et aux menaces d'une hostilité que Manuel Valls attise sans même s'en rendre compte. 

 

Loin de protéger qui que ce soit, l'attitude de Manuel Valls fait en réalité beaucoup plus de mal aux musulmans, aux juifs, et à la République, que n'importe quelle proposition, aussi absurde soit-elle, de Marine Le Pen.

 

http://nations-libres.over-blog.com/article-manuel-valls-n-a-rien-compris-a-la-republique-fran-aise-110552905.html

Tag(s) : #Mosquées = conquètes de l'europ

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