
Un mariage chrétien à Tizi-Ouzou, en Grande Kabylie, en avril 2001. Crédits photo : SIPA
Pour avoir rompu le jeûne du Ramadan, deux chrétiens algériens sont jugés mardi. Ils risquent cinq ans de prison.
Le tribunal d'Aïn-el-Hammam (Kabylie, 150 km à l'est d'Alger) abrite, mardi, un procès bien singulier : celui des «dé-jeûneurs» du Ramadan. Hocine Hocini et Salem Fellak, ouvriers dans le bâtiment, ont été interpellés par la police le 12 août, deuxième jour du Ramadan, lors de la pause déjeuner, à l'intérieur d'une maison en construction. Arrêtés en «flagrant délit de consommation de denrées alimentaires», et présentés au parquet, ils ont été mis en examen pour «atteinte et offense aux préceptes de l'islam». Lorsque Hocine Hocini décline sa foi chrétienne et invoque la Constitution qui «garantit la liberté de conscience», la procureure, en colère, lui aurait conseillé de «quitter ce pays, qui est une terre d'Islam»…
Cette opération n'est pas isolée. A Ighzer Amokrane, en Petite Kabylie, la police a donné l'assaut à un local commercial fermé, pour interpeller une dizaine de jeunes, coupables d'avoir consommé de l'eau et du café ; leur procès est prévu pour le 8 novembre prochain.
Toujours en Kabylie, quatre chrétiens comparaîtront, le 26 septembre, devant les juges de Larbâa-Nath-Irathen pour «pratique d'un culte non musulman sans autorisation».
La dernière provocation contre la communauté chrétienne remonte à quelques jours, lorsque l'église protestante de Tizi-Ouzou a été sommée par la wilaya (préfecture) de démolir des travaux, effectués à l'intérieur du mur d'enceinte pour sécuriser l'édifice. Le motif, qui invoque le «défaut de permis de construire», contraste avec l'anarchie architecturale qui a fait la réputation du quartier. Mustapha Krim, président de l'Église protestante d'Algérie, est amer : «Cette attitude discriminatoire n'est motivée que par un seul argument : notre foi chrétienne. Nous lançons un appel solennel aux autorités supérieures de l'État pour mettre un terme à ces dérives, et faire respecter le principe d'égalité des citoyens devant la loi.»
Cette escalade dans la répression pour «délit de culte» était prévisible. A la veille du Ramadan, le Collectif SOS libertés dénonçait le «détournement des institutions au service d'une idéologie intolérante et liberticide», avant de revendiquer l'ouverture de cafés et de restaurants pour les non-jeûneurs. Créé lors de la campagne antichrétienne du printemps 2008, le collectif, composé d'artistes et d'intellectuels, milite pour «la liberté de conscience, synonyme du droit de chacun de pratiquer la religion de son choix, ou de ne pas pratiquer».
En agitant le chiffon rouge des «évangélistes et des mécréants», notamment en Kabylie, le pouvoir tente d'endiguer les conversions au christianisme. Mais aussi de casser l'islam traditionnel jugé trop «tiède avec les apostats», pour y incruster une pratique plus rigoriste. Des «brigades vertes», ouvertement financées par l'Arabie saoudite via des associations religieuses, ont été recrutées dans plusieurs localités, avec la complicité de l'administration. A Aghribs (40 km au nord de Tizi-Ouzou), ces néomissionnaires se sont heurtés à la résistance de la population. Fidèles à leur mosquée traditionnelle, où l'on prêche la tolérance et le respect d'autrui, les villageois ont bloqué la construction d'une mosquée intégriste, en brûlant les matériaux, que des inconnus ont déposés, la nuit, sur la place du village.
Cette «guerre de religions» est, en fait, une manœuvre politique pour conforter l'alliance entre nationalistes et islamistes. Alors que la loi sur la «réconciliation nationale», adoptée par référendum en septembre 2005, accordait un délai de six mois aux «égarés des maquis» pour déposer les armes et échapper aux rigueurs de la justice, ce délai est prolongé dans les faits, au nom des «intérêts supérieurs de la nation». Loin de neutraliser les poches de «terrorisme résiduel», cette complaisance a eu des effets pervers. Comme ces dizaines de jeunes désœuvrés qui prennent encore le maquis, le temps de se constituer une cagnotte par le racket, avant de se rendre pour bénéficier des avantages sociaux offerts par l'État pour la réinsertion des «repentis».
Dans la recomposition en cours, les fatwas de Hassan Hattab sont relayées par la presse «national-islamiste» et les radios publiques comme une nouvelle stratégie de lutte antiterroriste ! Avec des éléments «repentis» du GIA, l'ex-émir fondateur du GSPC (ancêtre d'Aqmi) vient de lancer un «appel aux ulémas du monde musulman» leur demandant d'appuyer la «réconciliation nationale», pour assurer «la victoire de l'islam contre les croisés coloniaux et l'ennemi intérieur». Pied de nez à la justice qui, sans rire, l'a déclaré «en fuite», avant de le condamner par contumace à la prison à perpétuité, Hassan Hattab est protégé par les autorités, après sa reddition annoncée officiellement en septembre 2007.
http://www.lefigaro.fr/international/2010/09/20/01003-20100920ARTFIG00720-algerie-mauvais-musulmans-et-chretiens-sont-traques.php
Réactions :
Ce qui m’inquiète le plus, ce n'est pas que la Halde et autres associations soi- disant anti raciste ne réagissent pas, on sait qu'elles stigmatisent le racisme Français afin d'implanter l'islam en France , mais c'est le silence de nos soi- disants élites de confessions ou de cultures Judéo Chrétiennes , les raisons profondes de leurs passivités ! Espérent ils tirer les marrons du feu en cas de guerre civile sur notre territoire, car c'est évident d'ici quelques années ça va mal finir ! je ne crois pas à l'islamisation de la France , nous attendons d'être le nez dans la .....afin de réagir et ça fera mal , il faut juste souhaiter que nous leurs présenterons la note à ceux qui ont joués les apprentis sorciers.
Ces Algériens de confession chrétienne n'auraient pas leur place dans la société algérienne. Pourquoi nos deux pays ne feraient-ils pas des échanges : la France les accueillerait pendant que l'Algérie ferait de même avec les musulmans en mal d'intégration dans la société française. Tout le monde serait content, il n'y aurait plus de tension, d'incompréhension ou de rejet. Et le démographie des deux pays ne serait pas déséquilibrée. A méditer...
Combien de Coptes ont été accueillis en France ? Non la France n'est plus Terre d'Asile ailleurs que sur le papier, ce n'est plus les gens en danger qui viennent chez nous, ce sont qui ont déjà chassés les Français et qui souhaitent recommencer sur le sol Français. Nos compatriotes Harkis ont été abandonnés à leur sort, mais la place d'honneur est laissée à ceux qui viennent en conquérants, on ne leur demande pas d'aimer la France, ni même de la respecter, on leur ouvre grand les portes. Nos impôts servent à faire des films de propagande même pas fidèles à l'histoire, des "fictions " qu'ils disent, oui mais des fictions pour encourager encore toujours les mêmes à se croire dans leur bon droit.
Je n'ose imaginer le tollé au sein du monde musulman si l'on disait en France aux musulmans qui jeûnent: " Quittez ce pays, qui est une terre Chrétienne"! Il est clair que ces extrémistes veulent nous convertir! et on trouve encore des personnes pour s'opposer à l'interdiction de la burqa dans les lieus publics en France!! Je suis très inquiet
Nous y sommes : voila un bel exemple de tolerance de cette religion presentée comme un modele par nos athletes de la contrition ou tiers mondistes trotskystes. Bien sur il ne faut pas generaliser etc etc etc..... Apres l'agression de cet africain de LYON pour avoir bu son café pendant el Ramadan...... A quand la reconnaissance par ces pays de la traite arabo musulmane qui fit 17 millions de victimes ? A lire par les plus candides l'ouvrage de Pascal BRUCKNER : La Tyrannie de la penitence il aura au moins le merite de les avoir avertis a defaut de leur ouvrir les yeux. ou enore celui d'Arnaud RAFFARD DE BRIENNE La desinformation autour de la colonisation
Et pas de manifestations calmes ou enragées, pas de des défilés, pas de reportages, pas d'articles de journaux ou des télés, pas d'interventions du Pape et des politicards de tous poils de divers pays du monde pour défendre ces pauvres chrétiens martyrisés pour leur foi en ce 21eme siècle en Alégrie. Ca devient de plus en plus vident que les chrétiens sont les moins solidaires et les moins bien défendu dans le monde aujourd'hui. C'est vraiment pathétique. Et si ce qui se passe en Algérie et dans beaucoup de pays musulmans contre les chrétiens et la chrétienté se passait contre les musulmans et la religion musulmane, ce sont certains "chrétiens" occidentaux qui réagiront le plus de façon hystérique pour prédire les pires catastrophes pour l'humanité entière et se cacher dernière des soi disant "valeurs" occidentales pour céder, apaiser sans cesse et courber l'échine. Vendant ainsi lâchement et à peu de frais l'avenir des futures générations d’occidentaux. On crève pour une tranquillité mentale d’aujourd’hui au dépend de l’avenir de l’occident à long terme. Pathétique.
Quelle tristesse pour ce peuple qui essaye de s'en sortir depuis 50 ans. L'article nous explique bien que la population n'est pas radicale et que nombreuses sont les personnes qui luttent contre le fondamentalisme alors n'amalgamez pas les choses dans vos commentaires SVP. Je ne sais pas si la France a quelque chose à faire là dedans... mais l'Unesco ou autres instances internationales ont sûrement un rôle à jouer ! Il faut absolument avoir de la compassion pour ces gens qui ne veulent pas sombrer dans l'obscurantisme. Il est aussi important de se rendre compte de l'ingérence de certains pays arabes qui, par la distribution d'argent et d'armes, participent à la déstabilisation de l'Algérie. Ce qui est déjà arrivé pendant la guerre avec la France. Il faut que les instances internationales aident ces gens qui luttent contre l'avènement d'un Islam sombre et obscur.
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En finir avec la chasse aux non-jeûneurs
Le procès de dix personnes pour non respect du jeûne pendant le Ramadan devait s'ouvrir le 6 septembre dans une localité kabyle. Il a été reporté au 8 novembre. L'accusé principal a été relâché. Le quotidien Liberté veut y voir un signe d'apaisement dans cette inquisition qui ne dit pas son nom.
07.09.2010 | Saïd Chekri
Le procès des dix non-jeûneurs arrêtés le 31 août à Ouzellaguène, dans la wilaya de Béjaïa (Kabylie), ne s'est pas tenu hier, comme prévu le 6 septembre. Il a été reporté, comme l'avait été, il y a une quinzaine de jours, celui qui devait statuer sur le cas de deux autres personnes poursuivies à Aïn El-Hammam (Tizi Ouzou) pour le même "délit". Mieux encore, le principal accusé, qui se trouvait sous mandat de dépôt, a été relaxé. Est-ce le signe d'une volonté d'apaisement, prélude à l'abandon pur et simple des poursuites contre les mis en cause ? Certains en sont convaincus et il faut souhaiter qu'ils auront vu juste. Car, en réalité, il n'y a vraisemblablement pas de quoi tenir procès. Les non-jeûneurs concernés, selon les informations disponibles et qui n'ont pas été démenties, avaient pris soin de ne heurter la sensibilité de personne et n'ont commis aucun outrage puisqu'ils ont été arrêtés dans des endroits privés et non publics, dans des locaux fermés et non ouverts.
Quant à cette accusation d'"atteinte aux préceptes de l'islam" dont on les accable, elle ne tient pas la route, la liberté de culte et les libertés individuelles étant reconnues et consacrées par la Constitution algérienne. Si manger ou boire pendant le Ramadan est un acte qui relève des tribunaux car constituant une atteinte aux préceptes de l'islam, alors les policiers devraient arrêter ceux qui se trouveraient dans la rue, au marché ou au volant de leur voiture à l'heure de la prière au motif qu'ils ne se sont pas rendus à la mosquée. Cela risque de donner des idées aux maîtres de l'inquisition, mais osons cette question : la consommation de l'alcool étant interdite en islam, que dire de ceux qui, le Ramadan fini, vont s'attabler à quelque terrasse de bar pour y siroter une bière ? Les policiers auraient alors bien du pain sur la planche et les magistrats tout autant puisqu'ils auraient alors - quelle belle affaire ! - à arrêter beaucoup trop de monde, dont quelques-uns de leurs collègues. Et les rafles ne concerneraient pas seulement des ouvriers dans un chantier ou de pauvres chômeurs, mais aussi de hauts responsables exerçant dans les trois pouvoirs en charge de la gestion des affaires de la cité, chacun en ce qui le concerne, à savoir le législatif, le judiciaire et l'Exécutif.
Alors, puisque les meilleures blagues sont les plus courtes, n'est-il pas temps d'arrêter celle, hypocrite et stupide, qu'est la chasse aux non-jeûneurs ?
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