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«Peillon cherche à faire culpabiliser les chrétiens»

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Par Delphine de Mallevoüe Mis à jour le 04/01/2013 à 18:38 | publié le 04/01/2013 à 18:33 Réactions (129)
«Au lieu d'être le projet de tolérance dont se réclament ses défenseurs, cette réforme est d'abord la réforme du rejet, du mépris et de la haine à l'égard des religions», accuse Laurent Wauquiez.
«Au lieu d'être le projet de tolérance dont se réclament ses défenseurs, cette réforme est d'abord la réforme du rejet, du mépris et de la haine à l'égard des religions», accuse Laurent Wauquiez. Crédits photo : Sébastien

INTERVIEW - Laurent Wauquiez s'insurge contre les propos «scandaleux» du ministre de l'Éducation, qui a tancé vendredi l'enseignement catholique pour ses prises de position sur le mariage gay.

Député (UMP) de la Haute-Loire, Laurent Wauquiez a été ministre chargé des Affaires européennes puis ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Conseiller politique de l'UMP depuis 2009, il a fondé La Droite sociale, un club de réflexion de parlementaires voué à faire entendre la sensibilité sociale au sein de la droite.

LE FIGARO. - Comment réagissez-vous aux déclarations de Vincent Peillon?

Laurent WAUQUIEZ. - C'est parfaitement scandaleux de laisser croire que la vision de la famille dans l'enseignement catholique serait responsable de suicides chez les jeunes homos. Cela relève au mieux de l'ignorance, au pire du mépris pour l'enseignement catholique. C'est une grande manipulation politique qui cherche à faire culpabiliser les chrétiens et à faire croire que l'opposition au mariage homo et à l'adoption est le fait d'une minorité.

Les débats autour du mariage homosexuel donnent jour, selon vous, à une «cathophobie intolérable», que dénoncez-vous précisément?

La volonté de rejeter tout rapport avec les religions est très frappante depuis ce nouveau gouvernement socialiste. Tout particulièrement avec les chrétiens, à en juger par la violence et la cristallisation dont ils font l'objet dans les débats sur le «mariage pour tous». Au lieu d'être le projet de tolérance dont se réclament ses défenseurs, cette réforme est d'abord la réforme du rejet, du mépris et de la haine à l'égard des religions.

Vous vous scandalisez que l'on réduise l'opposition au projet aux seuls catholiques…

Le mariage homosexuel et l'homoparentalité, c'est un sujet pour tous et pour toutes les religions. Les juifs, les musulmans, les protestants s'y opposent. Or le gouvernement marque une volonté scandaleuse de réduire l'opposition à un seul groupe réactionnaire qui serait les cathos. Bien commode.

Vous accusez particulièrement certains ministres, que leur reprochez-vous?

Les lignes rouges ont été franchies de manière inacceptable avec l'attitude insultante de plusieurs membres du gouvernement et du rapporteur socialiste du projet de loi qui, lors des auditions, a accusé les religions d'un «défaut d'intelligence». Passons sur le ridicule dont s'est couverte Cécile Duflot avec son intention de réquisitionner les biens de l'Église pour loger les sans-abri. Le plus inacceptable vient de la ministre déléguée aux Personnes âgées et à l'Autonomie, Michèle Delaunay, qui a relayé un tweet outrageant et discriminant («Aujourd'hui les catholiques condamneraient la sainte Famille: un mari qui n'était pas le père, une mère vierge…», NDLR). Elle insulte juste la foi de millions de Français. Dans quelle république est-on si un ministre se permet ce genre de dérive? Sommes-nous condamnés à devoir tout accepter? Stop, ça suffit!

C'est ça la cathophobie?

Jamais on n'aurait accepté ces propos sur l'islam ou sur les juifs. Tout le monde l'aurait aussitôt taxée d'antisémitisme ou de racisme. Toutes les religions ont droit à un égal et même respect. Nous devons être très vigilants avec ce sectarisme et cette intolérance. Cette attitude est un vrai dévoiement de la vision de la laïcité car, pour ces responsables politiques, l'idéal serait d'extirper toute forme de religion de la société or la laïcité est tout le contraire: c'est le respect de toutes les religions.

C'est le point de vue de l'homme politique ou une conviction personnelle?

Les religions sont une richesse pour notre société, elles font partie de notre histoire et de notre civilisation. Si je tire la sonnette d'alarme, ce n'est pas en tant que croyant mais en tant qu'élu car je crois sincèrement que c'est une vraie dérive pour la société et la République.

Que demandez-vous au gouvernement?

Un seuil intolérable a été franchi et cela mérite des éclaircissements de la part de Jean-Marc Ayrault. Il doit rappeler à l'ordre ses ministres et faire un geste de respect et de dialogue avec les religions.

LIRE AUSSI:

» Mariage gay: Peillon recadre l'enseignement catholique

» Mariage gay: le non de l'enseignement catholique 

 

Le figaro

 

 

 

 

 

Mariage gay : Peillon sermonne les catholiques

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Par Marie-Estelle Pech Mis à jour le 04/01/2013 à 21:47 | publié le 04/01/2013 à 19:12 Réactions (1)
Vincent Peillon <i>(à droite)</i> et Éric de Labarre, secrétaire général de l'enseignement catholique, le 18 octobre, au ministère de l'Éducation.
Vincent Peillon (à droite) et Éric de Labarre, secrétaire général de l'enseignement catholique, le 18 octobre, au ministère de l'Éducation. Crédits photo : JACQUES DEMARTHON/AFP

Le ministre met en garde l'enseignement catholique contre toute «stigmatisation homophobe» dans les écoles.

Dans une lettre adressée vendredi à tous les recteurs de France, le ministre de l'Éducation nationale, Vincent Peillon, a décidé de recadrer l'enseignement catholique. Éric de Labarre, son secrétaire général, avait récemment affiché son opposition au mariage homosexuel. Vincent Peillon appelle à «la plus grande vigilance à l'égard des conditions du débat légitime qui entoure le mariage pour tous (…) notamment dans les établissements privés sous contrat d'association. Le caractère propre de ces établissements ne saurait leur permettre de déroger au strict respect de tous les individus».

 

Pour Vincent Peillon, «il convient d'appeler à la retenue et à la neutralité au sein de tous les établissements». Il dit craindre que les débats ne se traduisent par une augmentation des phénomènes d'homophobie. Interviewé par Le Mondevendredi, il est allé bien plus loin dans sa critique, évoquant carrément «une faute» de la direction de l'enseignement catholique, auteur d'une lettre contre le mariage homosexuel.

«La hache de guerre»

Vincent Peillon cherche-t-il à rallumer la guerre scolaire avec ce terme peu nuancé? Certainement pas, affirme-t-on dans son entourage. Mais à quelques jours de la manifestation contre le «mariage pour tous»prévue le 13 janvier à Paris ne risque-t-il pas néanmoins de grossir les rangs des manifestants? Dans une des associations organisatrices du rassemblement, Alliance Vita, on estime que de tels propos pourraient amener à «déterrer la hache de guerre» enterrée depuis 1984 entre les partisans de l'école libre et l'État.

Réputée pour sa traditionnelle prudence de Sioux, soucieuse de respecter la «liberté de conscience» inscrite dans la loi Debré de 1959, la direction de l'enseignement catholique n'était sortie du bois que le 12 décembre dernier en envoyant une lettre aux 8500 chefs des établissements catholiques sous contrat. Rappelant «des références sociales aussi fondamentales que le mariage, union d'un homme et d'une femme», le texte signé par Éric de Labarre invitait chaque établissement à «prendre les initiatives qui lui paraissent localement les plus adaptées pour permettre à chacun l'exercice d'une liberté éclairée».

Appel à «l'éveil des consciences»

«Il est hors de question de remettre en cause la neutralité de l'enseignement», a précisé vendredi Éric de Labarre. «Il n'est pas question d'organiser spontanément des débats dans les classes avec les élèves même si, lorsqu'il y a des questions posées, le pire c'est de garder le silence.»«Nous n'appelons pas directement à participer à la manifestation» contre le mariage homosexuel, mais à «l'éveil des consciences», a-t-il fait valoir. «On ne peut pas nous faire d'emblée le procès d'intention que les débats seraient par définition truqués», a-t-il estimé, affirmant la «nécessité qu'aucun propos homophobe ne puisse être prononcé».

Au sein de l'enseignement catholique, on s'étonne de la réaction ministérielle. «L'enseignement catholique n'est pas neutre par définition. Notre caractère propre et le principe de neutralité évoqué par le ministre s'opposent même si nous devons faire preuve de prudence», affirme un directeur diocésain. Bruno Lamour, représentant du FEP-CFDT, le principal syndicat d'enseignants du privé, pensait même que la direction de l'enseignement catholique «prendrait position plus tôt». Il craint certes que son courrier ne «serve de caution à certaines opérations sectaires» mais le point de vue d'Éric de Labarre «épouse celui de l'Église catholique à laquelle l'enseignement catholique appartient. Il est logique», affirme-t-il.

 

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Tag(s) : #Hollande Gouv. de Fr Maçons

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